Un homme de 39 ans sera jugé à Lyon ce jeudi et vendredi pour des violences inacceptables. Accusé d'avoir drogué et violé sa compagne, il aurait également filmé ses actes pour les diffuser en ligne. Ce procès choquant révèle des liens potentiels avec Dominique Pelicot, l'ex-mari de Gisèle Pelicot, incarcéré pour des crimes similaires.
Selon les conclusions d'une enquête relayée par l'AFP, le suspect, garde du corps de profession, cherchait à s'inspirer de l'expérience de Pelicot pour endormir sa conjointe avant d'agir. « L'un des principaux enjeux de ce dossier sera de déterminer l'ampleur de leurs interactions et le degré d'influence de l'un sur l'autre », souligne son avocat, Me Gabriel Versini-Bullara. Après avoir initialement reconnu certaines accusations, le prévenu clame aujourd'hui son innocence.
Le cas remonte à l'arrestation de Dominique Pelicot en septembre 2020, après que les enquêteurs ont découvert sur son téléphone des échanges troublants avec un homme proposant de réaliser des actes similaires à Lyon. Ce n'est qu'en juin 2023 que le suspect a été enfin arrêté. Lors de perquisitions, les enquêteurs ont trouvé des images compromettantes de la victime, filmées à son insu dans l'intimité de leur domicile depuis 2015. Sur plusieurs vidéos, elle était visiblement inconsciente pendant que l'accusé se livrait à des actes sexuels.
La plaignante, qui avait pourtant connu une période de grande fatigue inexplicable entre 2020 et 2023, a évoqué des troubles de santé cryptiques, laissant entrevoir la possibilité de somnifères cachés. Des puissants sédatifs ont été retrouvés dans un coffre-fort dont elle n'avait pas accès. "L'endormissement profond de la victime exclut toute possibilité de consentement", concluent les magistrats.
L'accusé tente de se défendre en évoquant une prétendue "pratique de jeu sexuel", mais les preuves sont accablantes. En discutant aussi avec d'autres hommes sur des forums, il cherchait de conseils sur comment droguer sa compagne. Après avoir reconnu des faits, il a rapidement cherché à minimiser les intentions qu'il avait.
La victime a choisi de ne pas demander un procès à huis clos. Bien qu'elle ne soit pas porteuse d'un message public, son avocate, Me Julia Studient, a insisté sur son désir de ne pas être davantage exposée. En plus des préoccupations liées aux abus, l'accusé devra répondre à des accusations concernant la création de faux profils sur des sites de rencontres pour porter atteinte à son intégrité. Le verdict est attendu en fin de journée vendredi.







