Les relations entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou semblent de plus en plus fracturées dans le cadre du conflit en Iran. Les États-Unis privilégient désormais des pourparlers diplomatiques, tandis qu'Israël continue de défendre des actions militaires pour affaiblir le régime iranien.
Suite à une série de frappes au Liban contre le Hezbollah, les tensions entre Israël et l'Iran se sont intensifiées. En réponse, l'Iran a tiré des missiles balistiques vers Israël, brisant une fragile trêve. Trump a alors appelé son homologue israélien pour lui conseiller de ne pas recourir à la force militaire, afin de laisser une place à la négociation avec Téhéran. Cette recommandation a été ignorée, et Netanyahou a autorisé des frappes en Iran, suscitant le mécontentement de Trump.
Le président américain a publiquement revendiqué sa position de leader dans les discussions, affirmant que Netanyahou n'avait "pas d'autre choix" que d'accepter les accords négociés par Washington, comme il l'a déclaré lors d'un entretien avec le Financial Times.
Deux alliés aux objectifs distincts
Lors de leurs premières frappes contre l'Iran, en février 2026, Trump et Netanyahou affichaient une coalition solide. Leur projet commun visait à détruire les capacités militaires iraniennes et à contrecarrer le programme nucléaire de l'Iran. Selon une analyse fournie par The Guardian, convaincre Trump de s'engager dans cette opération a été un grand succès diplomatique pour Netanyahou.
Cependant, cette unité cachait des intentions divergentes. Pour Netanyahou, les frappes militaires étaient destinées non seulement à affaiblir Téhéran, mais aussi à favoriser un changement de régime. De nombreux experts rapportent que le Premier ministre israélien voyait cette occasion comme une chance historique de renverser le pouvoir des mollahs, comme l’indique une analyse citée par RTL.
A contrario, Trump cherchait à maximer la pression sur l'Iran pour obtenir un nouvel accord. Les bombardements avaient pour but de rétablir un rapport de force favorable aux États-Unis, sans nécessairement engager une guerre prolongée ou un renversement du régime. Dès mars, son administration a commencé des négociations avec Téhéran sur plusieurs fronts, y compris le nucléaire et la sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz.
Un tournant lors des négociations de paix
Un changement significatif s'est manifesté au printemps, lorsque Washington a impulsé des discussions pour un cessez-le-feu et un accord global avec Téhéran. Cette nouvelle stratégie a suscité des tensions croissantes à Jérusalem. Pour Netanyahou, les États-Unis risquaient de cesser les offensives militaires alors même que l'Iran semblait affaibli.
Actuellement, les deux alliés poursuivent des objectifs divergents. Trump aspire à un accord pour mettre fin au conflit, tandis que Netanyahou souhaite tirer parti des avancées militaires pour réorienter l'équilibre du pouvoir régional. Leur définition de la victoire diffère grandement : Trump envisage un accord bénéfique démontrant la puissance des États-Unis, tandis que Netanyahou veut que l'Iran soit durablement affaibli et politiquement transformé, le rendant inoffensif pour Israël.
Ainsi, cette guerre, qui avait commencé sous un signe d'unité militaire inédite entre les deux nations, est désormais marquée par des désaccords croissants sur la voie à suivre.







