Le 9 mai dernier, Maël Le Lagadec, un jeune homme de Montauban, a réussi l'exploit de hisser une croix de 35 kilos au sommet du pic d'Aneto, culminant à 3 400 mètres. Avec son ami Julien Benazet Arrieudebat, ils ont souhaité restaurer cet emblème historique, victime de vandalismes, je devrais dire, il y a maintenant 75 ans. Voici le récit inspirant de deux passionnés désireux de redonner vie à leur patrimoine.
À 14h40, le 9 mai, Maël s'agenouille sur le sommet des Pyrénées. Éreinté par l'ascension, il explose en larmes, déclarant : "C'est une sensation inexplicable". Le jeune Montaubanais a su capturer l’essence de son aventure lorsqu'il a découvert que la croix historique de ce sommet avait été dégradée. Non croyant, il a fait part de sa frustration : "Je ne comprenais pas comment quelqu'un pouvait détruire notre héritage". Au lieu de se contenter de critiques sur les réseaux sociaux, il a décidé d’agir.
Une passion pour l’alpinisme
Maël, âgé de presque 19 ans, a passé sa vie à Montauban, entouré de sa famille, et il nourrit une grande passion pour la nature. Ce goût du plein air, hérité de son aîné, l’a conduit à choisir une carrière d’aménagement paysager. Il a également découvert l’alpinisme, une activité qui lui a permis de canaliser son énergie. Son rêve ? Gravir le Mont-Blanc en moins de 24 heures. Pour se préparer, il a commencé à fréquenter la salle de sport tout en pratiquant diverses disciplines, y compris le MMA et le vélo.
Ce défi a été le moteur de sa détermination. Après avoir vu un article sur la croix vandalisée, il a commencé à construire sa propre croix. Il a acquis des matériaux de son entreprise et a consacré plus de 20 heures à sa fabrication. "J'ai travaillé d'arrache-pied, souvent jusqu'à minuit", confie-t-il.
Une ascension inoubliable
Avec une croix de 1,10 mètre de haut et pesant 35 kilos, l’ascension ne s’annonçait pas facile. Le jour de leur expédition, ils ont campé dans leur voiture et se sont levés à minuit. L’ascension a débuté dans l’obscurité et une température de 4 degrés. Maël, portant la croix et un sac de 15 kilos, a affronté les 14 heures de randonnée avec une détermination exemplaire.
Après plusieurs heures d'effort, Maël a confirmé : "Je ne voyais pas le sommet, ce qui m'a permis de ne pas me décourager. J'ai dû éteindre mon cerveau". Les pauses se faisaient rares en raison du froid ; malgré la fatigue, il a continué à faire avancer sa quête. Des alpinistes d'un club français leur ont même apporté des rations supplémentaires pour les soutenir.
Le moment culminant de leur aventure est survenu au Pas de Mahomet, un passage étroit, mais finalement, Maël a atteint le sommet. S’agenouillant, il a laissé échapper ses émotions : "Arrivé au sommet, je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer de joie".
Un message de préservation
Bien qu'il n'ait pas pu installer la croix immédiatement en raison des conditions climatiques, Maël a pris des photos et vidéos pour immortaliser cet événement. Son exploit a attiré l'attention des médias du monde entier, et la vague de soutien qui a suivi lui a été très précieuse. De plus, il a été contacté par des personnes désireuses de l’aider à finaliser son projet.
Maël déclare : "Protéger notre patrimoine est essentiel. Ce n’est pas juste un symbole religieux, mais un lien avec notre identité culture". Son aventure témoigne de la force de la jeunesse qui agit pour la préservation de ses racines.







