Le député insoumis Sébastien Delogu, âgé de 39 ans, est attendu ce mardi après-midi à Marseille, où il doit être jugé pour avoir partagé sur les réseaux sociaux des informations personnelles concernant un entrepreneur local, Isidore Aragones. Ce dernier est critiqué pour ses liens avec Israël.
Sébastien Delogu s'est déjà fait connaître en brandissant un drapeau palestinien à l'Assemblée nationale. Son casier judiciaire est marqué par une condamnation pour "violences aggravées" contre deux cadres de l'Éducation nationale, durant un blocus lycéen en 2023 à Marseille.
Bien qu'il ne sera pas présent à l'audience, Delogu a informé l'AFP qu'il a l'intention de demander un report du procès par l'intermédiaire de son avocat, Yones Taguelmint, qui évoque un "climat très tendu" entourant son client. Ce dernier a récemment signalé plusieurs agressions et menaces à son encontre, liées à ses prises de position sur la politique israélienne.
Fin mai dernier, il a porté plainte contre un individu pour insultes, agressions et menaces de mort. Le parquet de Marseille a immédiatement ouvert une enquête à ce sujet.
Dans un autre volet de l'affaire, Sébastien Delogu sera également entendu comme victime en juillet, suite à du harcèlement et des menaces subies sur Instagram par un Marseillais en octobre 2025.
Pour le procès en cours, Delogu risque jusqu'à cinq ans de prison et 750.000 euros d'amende, avec une peine supplémentaire possible d'inéligibilité. Les accusations incluent le recel de biens volés, ainsi que la divulgation d'informations personnelles, exposant ainsi des individus à un risque potentiel.
L'incident remonte au 19 septembre 2024, en pleine crise sociale chez Laser Propreté, société chargée du nettoyage de la gare Saint-Charles et des transports marseillais. Des employés avaient envahi le bureau d'Isidore Aragones, protestant contre des salaires non payés. Ce dernier avait ensuite constaté le vol de documents privés, dont son passeport et des propositions de voyage.
Cinq jours plus tard, Delogu, en soutien aux grévistes, a partagé sur Instagram une partie des documents dérobés à Aragones, soulignant ses liens avec Israël et ses projets financiers. Ces publications incluaient également des moqueries sur le coût de ses voyages.
Isidore Aragones, contacté par l'AFP, a exprimé son souhait que "justice soit enfin faite", se déclarant victime de menaces et de désagréments depuis l'incident, ce qui l’a contraint à vivre dans la peur.
Le procès, prévu pour durer une journée, débutera à 14 heures.







