C'est un coup dur pour le Mistral, cette célèbre boîte de nuit située dans le chic quartier Mazarin d'Aix-en-Provence, qui se retrouve avec ses portes closes. Une fermeture administrative d'un mois, un événement rare, puisque la dernière sanction similaire date d'il y a dix ans. Christian Bandikian, le gérant, est désemparé : "Je connais ces jeunes, leurs parents, même leurs grands-parents. Si nous n'étions pas des gens de confiance, serait-on leur référence ?"
Ce coup dur représente un manque à gagner de 400 000 euros pour le propriétaire, qui continue néanmoins à rémunérer ses 30 employés. "Je ne comprends pas, tout se retourne contre nous, déplore-t-il. Si un incident se produit à 300 mètres du Mistral, on nous impute la responsabilité. J’ai même engagé des agents de sécurité pour surveiller la rue, bien que cela ne soit pas de notre ressort. Nous avons bien aidé la police dans ce contexte, mais cela reste tout de même douloureux."
Lucas et Cynthia, des clients réguliers, expriment leur surprise face à cette fermeture : "Nous venons ici deux fois par semaine, c’est comme une seconde famille pour nous." Les mesures d'insonorisation, à hauteur de 200 000 euros, témoignent des efforts fournis pour répondre aux attentes du voisinage.
Une série d'événements : une prise de conscience ?
Les autorités, de leur côté, évoquent une série d'incidents survenus aux abords du Mistral, des faits jugés suffisamment graves pour justifier cette décision draconienne. Lucien Simon, l'avocat du Mistral, conteste ces allégations. "Aucun incident avéré ne nous a été attribué, même dans un titre aussi préservé que le quartier Mazarin, c'est dérisoire !" s'insurge-t-il.
Toutefois, des témoignages de clients soulèvent des questionnements. Virginie, une habituée, raconte avoir vécu une expérience traumatisante qui l'a laissée sous le choc. "Je pense qu'on a drogué notre boisson. Je n'ai jamais connu une telle sensation auparavant. Pour ma sœur, c’était encore plus grave avec un inconnu qui a tenté de l'agresser. Elle n’a jamais osé parler de cet incident jusqu'à récemment."
Christian Bandikian reste sceptique face à ces témoignages : "Ont-elles porté plainte ? Pas à ma connaissance. Honnêtement, je pense qu'il est facile d'accuser sans preuve. Ces cas de GHB dans les boîtes de nuit ont souvent été exagérés, même après intervention des forces de l'ordre qui n’ont rien trouvé."
Néanmoins, une prise de conscience semble s'installer, surtout chez Virginie qui espère que cette fermeture contribuera à une meilleure protection des femmes non seulement dans les discothèques mais partout ailleurs. En pleurs, elle déclare : "Nous savons toutes qu'il est risqué de porter plainte, mais espérons une meilleure prise en charge des victimes à l'avenir."
La protection des femmes dépasse le Mistral.







