À l'issue d'une réunion cruciale qui s'est tenue à Matignon, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis d'annoncer d'ici vendredi « les mesures qu'il envisage de mettre en œuvre » pour répondre aux préoccupations des agriculteurs. Cette déclaration fait suite à d'intenses discussions avec la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), principal syndicat du secteur, qui espère une clarification sur des « mesures d'urgence » déjà évoquées par le passé.
Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a rappelé les enjeux cruciaux tels que la gestion des épidémies, notamment la dermatose nodulaire contagieuse chez les bovins, la baisse des prix du blé, et la hausse des coûts des engrais. « Nous avons fait comprendre au Premier ministre que ce qui compte aujourd'hui, ce ne sont plus les discours, mais bien les actes », a-t-il exprimé, alors que la mobilisation dans le monde agricole reprenait de plus belle.
Rousseau a également souligné l'importance de la loi Duplomb, qui prévoit des mesures de simplification administrative pour les agriculteurs, et a déploré l'accord de libre-échange avec le Mercosur, qu'il considère comme « le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l'agriculture européenne ».
En effet, la situation est alarmante alors même que le gouvernement européen a annoncé une augmentation budgétaire de 45 milliards d'euros pour la Politique Agricole Commune (PAC) à l'horizon 2028. À l'approche d'une réunion des ministres de l'Agriculture à Bruxelles, cette annonce semble être une ultime concession avant la ratification de l'accord Mercosur, qui pourrait intensifier la compétition pour les producteurs européens.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, attend toujours le feu vert des États membres, dans un vote prévu ce vendredi. Maître dans l'art de la négociation, cet accord permettrait à l'UE d'exporter davantage vers des pays comme l'Argentine et le Brésil, tout en rendant le marché européen plus accessible pour les produits sud-américains. « Nous avons réaffirmé que nous ne pouvions accepter un accord qui, selon nous, est mal conçu », a insisté Rousseau, avertissant que des mobilisations seraient indéniablement à envisager si l'accord devait être signé.
Les agriculteurs demeurent donc dans l'attente de réponse concrète et efficace. Les actions annoncées ce week-end seront déterminantes pour redonner espoir au secteur, déjà largement affecté par divers défis, tant économiques qu'écologiques.







