Les avocats du barreau de Tours déclenchent une grève prolongée, prévue jusqu'au 13 avril 2026, jour de l'examen par le Sénat d'un projet de loi contesté sur la justice criminelle, impulsé par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
Lors d'une récente assemblée générale, les avocats ont confirmé leur grève au moins jusqu'au 14 avril, comme l'indique La Nouvelle République.
Dans un communiqué, ils expliquent qu'ils souhaitent faire entendre leur mécontentement face au projet de loi sur la justice criminelle, jugé comme une menace pour le système judiciaire.
Cette grève sera « totale » les 2 et 3 avril, signale l'ordre départemental, affectant toutes les matières juridictionnelles, ce qui pourrait entraîner l'annulation de plusieurs audiences durant cette période.
« Cela prive l’accusé et la victime d’un procès »
Les jours suivants seront marqués par une grève perlée jusqu'au 13 avril, avec une journée spécialement dédiée à une « justice morte » qui pourrait se tenir à ce moment-là.
Selon Me Antoine Brillatz, bâtonnier de Tours, « Parmi les points problématiques se trouve l’instauration du plaider-coupable criminel ». Ce dispositif permettrait à un accusé d'accepter une peine définie par le parquet sans passer par un procès traditionnel, ce qui soulève des préoccupations quant à la justice.
« Cela prive à la fois l'accusé et la victime de l'opportunité d'une audience, d'examiner la personnalité de l'accusé et de bénéficier d'un procès, qui a souvent un effet curatif pour les victimes », ajoute Me Brillatz, illustrant l'inquiétude des avocats face aux conséquences de cette réforme.







