Les interventions chirurgicales illégales prennent de l'ampleur sur les réseaux sociaux, séduisant un public à la recherche de prix défiant toute concurrence. Suite à la mort d'une femme à Lyon, le Syndicat national de chirurgie plastique (SNCP) exhorte les autorités à sévir contre ces injectrices non qualifiées avant qu'un nouvel incident tragique ne se produise.
Ces faux praticiens opèrent souvent discrètement, cachés dans des salons privés ou parmi les plaques dorées des professionnels de santé. Leur activité est renforcée par la promotion sur Instagram et TikTok par des influenceurs séduits par ces méthodes low-cost.
Un décès à Lyon suite à une injection clandestine
Fin mars 2026, une femme d'une quarantaine d'années a succombé à une embolie pulmonaire après avoir reçu une injection dans un Airbnb près de Lyon. L'influenceuse présumée, âgée de 34 ans, a été accusée d'avoir injecté un mélange d'acide hyaluronique et de lidocaïne. Selon La Dépêche, cette dernière a été mise en examen avec deux complices soupçonnés de l'avoir assistée.
Des termes tels que lifting coréen ou Brazilian butt lift sont désormais monnaie courante, promettant une transformation rapide et spectaculaire. Toutefois, comme l'indique le Dr Christophe Desouches, chirurgien plasticien à Marseille, ces procédures comportent des risques vitaux en raison de la proximité de vaisseaux sanguins majeurs dans ces zones.
Des injectrices illégales "qui ont pignon sur rue"
En 2025, l'Ordre des médecins a enregistré un nombre record de 213 signalements liés à des interventions esthétiques illégales. Alors que la classe politique commence à prendre conscience de ce problème, le président du SNCP, Adel Louafi, constate que des réseaux derrière ces injectrices exploitent la situation en menaçant les patientes silencieuses. Il affirme : "La vraie urgence est de s'attaquer à ces pratiques qui se déroulent sous nos yeux."
Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans ce phénomène, avec des influenceurs qui continuent de promouvoir la chirurgie esthétique malgré son interdiction. Les rendez-vous sont explicitement partagés sur les réseaux, facilitant l'accès à ces faux praticiens.
Ces praticiennes, ne respectant aucune réglementation, se procurent souvent des produits en dehors du circuit légal, comme le Botox depuis la Chine, exposant ainsi leurs clientes à des risques sanitaires considérables. Nombre d'entre elles se retrouvent avec des séquelles parfois irréversibles, nécessitant une intervention de véritables spécialistes pour réparer les dégâts. Muriel Bessis, fondatrice de l'Association des réussites et des ratés de la chirurgie esthétique, confirme que ces méthodes suscitent de graves préoccupations sanitaires.







