Ce week-end prolongé de la Pentecôte a donné des airs d'été sur la Côte d’Azur. Cependant, les plages bondées de Nice à Antibes sont perturbées par un phénomène visuel troublant : une épaisse mousse jaunâtre et des amas de couleur marron qui ont dissuadé de nombreux baigneurs.
Si vous vous êtes approché de l'eau ce week-end, vous avez forcément remarqué une couche visqueuse et compacte à la surface. À la plage de La Réserve à Nice, les habitués étaient visiblement inquiets.
"La mer est très, très sale. On y trouve énormément de plastiques flottants. Je ne sais pas si c'est dû aux bateaux avec le port à proximité...", a déclaré une baigneuse au micro d'Ici Azur. Une autre habituée a exprimé sa préoccupation face à la précocité du phénomène : "Avec le courant, les algues et la saleté remontent chaque année. Mais généralement, c'est plus tard. Là, en mai, c'est déjà sale."
Le "cocktail" de la Pentecôte : pollen, chaleur et micro-algues
Pour mieux comprendre ce phénomène dans la Baie des Anges, nous avons interrogé l’Agence Régionale de Santé (ARS) des Alpes-Maritimes. La réponse est rassurante : ce spectacle n'est pas dû à une pollution chimique ou à des rejets d'eaux usées.
Jérôme Raibaut, directeur adjoint de l’ARS des Alpes-Maritimes, explique : "En cette période, nous observons souvent des plaques jaunes, liées au pollen ou à des débris végétaux, ainsi qu'à du phytoplancton. Les fortes chaleurs peuvent entraîner des développements soudains d'algues, similaires à des 'blooms'. Ces phénomènes ne présentent cependant pas de danger pour la santé."
En effet, les milliards de grains de pollen (de pins et de cyprès notamment) présents dans l'air se mélangent aux sécrétions naturelles des micro-algues, culminant lors des périodes chaudes. Les vagues agissent comme un fouet sur ce mélange organique, formant ainsi cette mousse marron.
"On se baigne à ses risques et périls"
Bien que la nature biodégradable de cette mousse soit une bonne nouvelle, Jérôme Raibaut souligne que la surveillance des plages en mai n'est pas optimale. Actuellement, la saison balnéaire officielle ne débute qu'à partir du 1er juin et se termine le 30 septembre. Pendant cette période, l’ARS effectue des contrôles hebdomadaires pour détecter les bactéries telles que E. coli.
Avant le début de la saison, il est donc essentiel de rester vigilant. Comme le rappelle Raibaut : "En dehors de ces périodes, il n’y a pas de contrôle officiel. Bien que quelques prélèvements aient lieu, ils ne sont pas systématiques. Garantir la sécurité des baigneurs hors saison est plus aléatoire."







