L'accueil des victimes de violences sexuelles dans les commissariats est souvent critiqué, notamment par des associations féministes qui soulignent les interrogatoires parfois durs et douteux. C'est ce que vit Virginie, une jeune femme qui, en 2022, a porté plainte pour viol à Nice. Son histoire, relayée par la Défenseure des droits, Claire Hédon, met en lumière des enjeux cruciaux liés à la prise en charge des victimes par les forces de l'ordre.
Des questions dérangeantes sur la sexualité
Virginie a contacté la Défenseure des droits après avoir été choquée par les questions posées lors de sa plainte contre un voisin, qui l'aurait contrainte à une fellation. Elle décrit une ambiance culpabilisante, tant pour elle que pour son compagnon. Parlant d'un enquêteur, elle se souvient d'une question particulièrement déplacée : "Est-ce que vous avez pris du plaisir lors des rapports ?" ; et une autre, sur son comportement en couple : "Est-ce qu’elle est timide ou plutôt entreprenante, comme une petite cochonne ?" Ces propos, dénoncés par Claire Hédon, sont jugés inacceptables et illustrent des stéréotypes sexistes flagrants.
Une procédure qui laisse à désirer
La policière, affectée à une unité censée traiter les violences intrafamiliales, semble mettre en doute la crédibilité de Virginie, mentionnant qu'elle avait eu un passé tumultueux avec le présumé agresseur. À la suite de son dépôt de plainte, Virginie apprend, avec consternation, que sa procédure a été classée sans suite pour désistement. Cependant, cette décision a ensuite été révisée par le procureur de la République, qui a confirmé le classement pour "infraction insuffisamment caractérisée".
Dans ses recommandations, la Défenseure des droits a sollicité des sanctions disciplinaires contre l'enquêtrice, qualifiant son comportement de manquement à ses obligations professionnelles. Ce cas souligne des lacunes structurelles dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles au sein de la police française, un sujet qui continue d'alimenter le débat sur la protection des victimes et le respect dû à leur parole. Des experts en droit et des associations de défense des droits des femmes appellent à une formation renforcée des policiers pour éviter de tels incidents à l'avenir.







