Une employée de crèche, condamnée à 25 ans de réclusion pour avoir causé la mort d'un bébé en lui faisant boire un déboucheur de type Destop, est rejugée ce mercredi à Bourg-en-Bresse. Cette réouverture du dossier intervient suite à l'appel formulé par l'avocat général, qui avait requis une peine de 30 ans à la demande des parents.
Ce jour-là, Myriam Jaouen, la prévenue, est arrivée devant la cour d'assises de l'Ain, tête baissée, prenant place dans le box des accusés. Elle avait été reconnue coupable du décès de Lisa, une fillette de 11 mois, qu'elle avait forcée à ingérer un produit corrosif afin de la faire taire. Les parents de Lisa sont là, faisant face à cette femme, alors que le procès doit durer trois jours.
En première instance, l'avocat général avait proposé une peine maximum de 30 ans, mais les jurés ont écarté la qualification de meurtre, ne retenant que la torture et l'acte de barbarie qui ont conduit à la mort de l'enfant sans intention de la donner. Les jeunes parents, représentés par leur avocate Catherine Bourgade, espèrent que le tribunal prendra pleinement conscience de la gravité de l'acte commis, de leur point de vue, lors de ce nouveau procès.
Quatre heures de souffrances
Le drame de Lisa, survenu le 22 juin 2022, a provoqué une onde de choc à travers le pays. Malgré les efforts des secouristes et des médecins, l'enfant a souffert pendant près de quatre heures avant de décéder, souffrant de brûlures sur les voies respiratoires et l'appareil digestif.
Myriam Jaouen, alors âgée de 27 ans et titulaire d'un CAP petite enfance, avait été seule pour accueillir les premiers enfants à la micro-crèche Danton Rêve, gérée par le groupe People & Baby. Selon ses dires, elle aurait administré le produit à Lisa simplement pour qu'elle cesse de pleurer. Cependant, après une série de mensonges, elle a fini par avouer avoir donné à l'enfant une partie de la bouteille d'un produit hautement corrosif.
Elle a tenté de minimiser la gravité de ses actes, affirmant ne pas avoir mesuré les dangers de la soude caustique. Les jurés, en première instance, ont ainsi retenu son explication et lui ont infligé une peine de 25 ans, une décision qualifiée d’insatisfaisante pour les parents de Lisa, qui la considèrent comme un « monstre ». Ce procès en appel sera scruté de près, tant par les proches de la victime que par l'opinion publique, espérant que justice sera rendue pour ce tragique événement.







