Le tribunal de Bordeaux a condamné ce mercredi 4 février quatre jeunes âgés de 21 à 24 ans, à des peines de prison allant de dix-huit à vingt-huit mois pour trafic de cannabis et de cocaïne, dans la commune du Taillan-Médoc. Déjà sur le radar de la justice avec plusieurs mentions sur leurs casiers judiciaires, ces individus ont suscité l'inquiétude des élus, commerçants et riverains de la place du Général-de-Gaulle, excédés par les dégâts causés par le trafic. Selon la procureure Juliette Boy, cette affaire illustre les défis de la lutte contre la drogue en périphérie bordelaise.
L'enquête, qui a duré de septembre à novembre 2022, a été déclenchée par des plaintes de la communauté locale. Deux des trafiquants avaient été placés en détention en décembre, tandis qu'un troisième était déjà incarcéré pour des crimes similaires. Révélations frappantes lors du procès : l'un d'eux gérait le trafic depuis sa cellule grâce à des comptes Snapchat, affichant ainsi une stratégie audacieuse pour vendre des produits illicites.
« C'était pour TikTok »
Étonnement au tribunal lorsque l'un des accusés a affirmé que les 800 euros découverts en sa possession étaient destinés à l'achat d'une voiture, suscitant l'incrédulité de la présidente du tribunal, Ludivine Lamouroux, qui a fait remarquer qu'il n'avait pas de permis de conduire. Les documents retrouvés près de lui, sur lesquels étaient inscrits des codes, ont également suscité des interrogations. L'accusé a prétendu qu'ils étaient liés à un compte TikTok, alors que le procureur a noté qu'il ressemblait plutôt à des transactions de cryptomonnaie.
L'audience n'a cependant pas permis d'établir le volume total de drogues vendues ni les bénéfices réalisés, point souvent relevé par les avocats des prévenus, qui soutiennent que l'enquête ne fait qu'indiquer un faisceau d'indices. Mais du côté de la justice, la procureure rappelle le lourd passé judiciaire des jeunes, allant jusqu'à 14 mentions pour certains. Elle a exprimé son scepticisme quant à leur capacité à comprendre l'illégalité de leurs actes sans une réponse pénale ferme, affirmant que seule la prison semble avoir un impact sur leurs comportements.
La sentence n'a pas tardé à tomber : le tribunal a prononcé des peines de dix-huit à vingt-huit mois de prison, confirmant la détention pour ceux déjà enfermés et un mandat de dépôt pour le dernier accusé.







