La saga judiciaire d'un homme condamné pour un braquage en Ardèche prend un tournant inattendu. Ce mardi 10 mars 2026, la cour d’assises de Privas a prononcé l’acquittement d'un individu dont la vie a été bouleversée par des accusations irrationnelles, remontant à 1993. L'accusé, qui a longtemps vécu en Algérie, a été exonéré en raison de l'absence de preuves.
Ce récit juridique a débuté en août 1993, lorsqu'une station-service à Vinezac a été braquée par un individu qui, muni d'une arme, a extorqué 2 200 francs (l'équivalent de près de 550 euros aujourd'hui). Quelques mois plus tard, le pompiste a cru reconnaître le suspect à partir d’une photographie fournie par la gendarmerie, mais entretemps, ce dernier avait pris la fuite vers l’Algérie, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Une condamnation par contumace et un long silence
En 1995, l'homme a été jugé par contumace et condamné à 12 ans de prison, prétendant n’avoir jamais reçu l’information concernant son procès. Durant deux décennies, il a refait sa vie en Algérie, se mariant et élevant des enfants.
Malheureusement, son passé judiciaire l’a rattrapé en 2016 lorsqu'un mandat d'arrêt français a conduit à son arrestation en Algérie. Bien qu'il ait passé 18 mois en détention, la France a omis de demander son extradition, le parquet considérant à tort qu'il était de nationalité algérienne.
Un procès révisé : la vérité éclaire l'affaire
De retour au pays en 2021, l'homme travaillait comme chauffeur-livreur à Manosque. Un contrôle routier en 2025 a ravivé l'affaire, entraînant un nouveau procès. Ce dernier est essentiel pour garantir un nouveau jugement au condamné par contumace.
Au tribunal, il est apparu que les preuves contre lui étaient extrêmement faibles. Les accusations reposaient principalement sur une identification photographique, et lors de l’audience, la gérante de la station, aujourd'hui âgée de 77 ans, a indiqué qu'elle ne pouvait plus reconnaître le braqueur. Aucune preuve matérielle, telle que des traces d'ADN ou des vidéos, n'a pu corroborer l'accusation. L’avocat de l'accusé a souligné l'absence de mobile et a plaidé pour son acquittement après deux jours d'audiences.
Finalement, le verdict a été rendu : non coupable, permettant à cet homme de retrouver une vie sereine après 33 ans d’angoisse. Cette histoire soulève des questions cruciales concernant les mécanismes de la justice et la manière dont des décisions peuvent affecter la vie d'individus innocents.







