Deux semaines après l'annoncement de sa candidature à la présidentielle, Bruno Retailleau, président de Les Républicains, semble stagner dans sa quête d'une dynamique, bien qu'il affirme être plus convaincu que jamais de son choix. Après avoir quitté le ministère de l'Intérieur en octobre, il ne bénéficie plus de la visibilité qu'il avait à Beauvau, mais reste actif, multipliant les déplacements pour présenter progressivement son programme.
Les délais serrés avant les élections municipales des 15 et 22 mars imposent à Retailleau d'avancer, malgré une absence d'engouement palpable à l'intérieur de sa formation. Les retours de certains sénateurs, qui signalent un manque d'émergence parmi les figures centrales de la droite, ainsi que des critiques acerbes de ses rivaux, comme Marine Le Pen qui le qualifie de "cheveu sur la soupe", compliquent davantage son entreprise.
Des soutiens qui tardent à se manifester
Au sein de son propre camp, le soutien pour Retailleau est timide. Si seuls ses plus proches alliés prennent la parole en sa faveur, la plupart des ténors du parti restent discrets. Selon une source parlementaire LR, il ne se présente pas comme le candidat naturel de la droite, mais comme un concurrent parmi d'autres. Xavier Bertrand, également en lice pour 2027, a publiquement interrogé le choix prématuré de Retailleau, pointant que sa propre candidature avait été annoncée après les locales.
Malgré ces plaintes, Retailleau rappelle que le timing de sa candidature pourrait être stratégique, profitant d'une période d'incertitude au sein des autres lignes de la droite.
Une stratégie mûrement réfléchie
Bruno Retailleau soutient que sa décision est motivée par la volonté d'apporter une "clarification" au sein du paysage politique. Il souligne que les élus attendaient de lui une direction pragmatique. Ses proches se basent sur des sondages internes jugés favorables concernant son positionnement au sein du parti. En effet, un sondage souligne le risque que d'autres leaders, comme Édouard Philippe, soient affaiblis par des défis locaux.
Des divisions internes persistantes
Malgré son lancement, la candidature de Retailleau ne signe pas la fin des tensions internes au sein du parti. Le député Jean-Didier Berger a rejoint le gouvernement de Sébastien Lecornu, défiant les consignes de LR, tandis que d'autres, comme Charles Ange Ginésy à Nice, affirment leur soutien à Éric Ciotti. Cela souligne un schisme profond dans la dynamique de la droite.







