À quelques jours du premier tour des élections municipales, la thématique animale s'affirme comme un sujet central. De multiples candidats intègrent des mesures en faveur des animaux de compagnie et d'élevage dans leur programme. Les associations saluent ce regain d'intérêt, tout en mettant en garde contre le phénomène du "washing" animal.
Le 15 mars approche et avec lui, le premier tour des élections municipales. Cette année, la cause animale émerge avec force dans les préoccupations des électeurs. Que ce soit à Paris, Lyon ou dans des communes plus modestes comme Val-de-Reuil, les candidats multiplient les engagements envers les animaux. Les associations de protection animale jouent un rôle plus actif dans le dialogue avec les candidats, surtout à une échelle locale, où leurs actions peuvent avoir plus d'impact.
Une étude de l'Ifop pour l'association 30 millions d'amis, publiée récemment, révèle que les Français expriment des attentes d’action de la part de leurs futurs maires non seulement sur des enjeux comme la sécurité ou les soins, mais aussi sur les questions liées à la condition animale. Selon l'Ifop, 58 % des Français jugent essentiel d'améliorer l'intégration des animaux en milieu urbain et de prendre en compte leur bien-être.
Les candidats semblent se concentrer sur les animaux de compagnie, car une large majorité des Français (61 %) indique posséder un animal de compagnie. Paris, par exemple, abrite environ 100 000 chiens et 250 000 chats, une des densités les plus élevées au monde. Toutefois, le Parti animaliste avertit : "Attention à 'l'animal washing', il ne s’agit pas simplement de créer des parcs pour chiens". La coprésidente Mira Markovic a insisté sur le fait que la condition animale couvre un éventail plus large que de simples mesures symboliques, comme l'aménagement de parcs canins.
Des cimetières pour animaux
À Paris, Rachida Dati, candidate des Républicains, envisage de "donner une place digne aux animaux en ville". Parmi ses projets, on trouve la création de "sentiers Paris 4 pattes" pour permettre aux chiens de se promener en liberté dans chaque arrondissement, ainsi que l’ouverture de nouveaux caniparcs. Son rival, Emmanuel Grégoire du PS, désire quant à lui que tous les parcs soient accessibles aux chiens tenus en laisse, tout en proposant des consultations vétérinaires solidaires dans la Maison de l'Animal et la création d'un jardin du souvenir pour les animaux décédés.
L’idée d’un cimetière pour animaux est également reprise dans plusieurs programmes, comme à Nantes avec Foulques Chombart de Lauwe, ou à Marseille avec Benoît Payan et Martine Vassal. Par ailleurs, Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, a proposé une approche originale, suggérant de remplacer les animaux exotiques des zoos par des hologrammes.
Les écologistes, la gauche et LFI plus engagés en faveur de la cause animale
La cause animale englobe également les animaux d'élevage. L'association L214 a répertorié 154 candidats engagés sur cette thématique dans 78 villes, bien que certains s'engagent à différents niveaux. Les partis écologistes et de gauche semblent être les plus proactifs, mais il existe aussi des engagements notables parmi les candidats de droite et du centre. Par exemple, Thomas Chevalier, du centre à Caen, a signé toutes les huit mesures proposées par L214 pour encourager des pratiques alimentaires plus durables, comme la réduction de moitié de la consommation de produits d'origine animale d'ici 2032.







