La direction de la police nationale a récemment ouvert les portes de son service de police technique et scientifique à La Rochelle, un service souvent méconnu du grand public, qui joue un rôle essentiel dans la chaîne d'enquête judiciaire. Cette unité, rattachée à la Police Judiciaire de la Charente-Maritime, est composée de huit professionnels spécialisés et vit actuellement un développement avec l'arrivée imminente d'un neuvième membre.
L’équipe se divise en deux sections. La première est dédiée aux interventions, comprenant quatre agents prêts à agir sur le terrain, tandis que la seconde se concentre sur la criminalistique conventionnelle, équipée d'un laboratoire permettant la révélation de traces papillaires sur divers objets. Chaque intervention est minutieusement orchestrée pour maximiser les chances de résoudre des affaires, qu'il s'agisse de petites délits ou de crimes organisés.
À la tête de cette unité depuis 2021, Katia Rivat, ingénieure de Police Technique et Scientifique, a d'abord fait ses preuves à Paris puis à Marseille avant de s'installer à La Rochelle. Elle nous confie : "Notre champ d’action s'étend de la petite délinquance à la criminalité organisée. Lorsque l'infraction prend de l'ampleur, il est courant que nos agents se déplacent à deux pour mettre en œuvre des techniques plus complexes d’analyse." La police scientifique de La Rochelle dispose des outils nécessaires pour traiter des empreintes et autres traces papillaires, ce qui est crucial pour l’enquête.
Pinceau et poudre noire
Un matin, la routine est rapidement bouleversée par un appel concernant un vol avec effraction dans une boulangerie. Cyprien, membre de l’équipe, nous explique : "Chaque matin, nous faisons un point sur les incidents nocturnes dans l’agglomération et nous allons sur les lieux pour collecter des preuves. Malheureusement, en arrivant sur place, nous découvrons que l’établissement a rouvert et que les employés ont touché les lieux, rendant impossible la collecte d’empreintes."
Face à cette situation, Cyprien se concentre sur la baie vitrée, principal point d'entrée des cambrioleurs. "Le premier réflexe est de prendre des photos du lieu pour documenter l'infraction", poursuit-il. "Nous cherchons également toute trace de manipulation de la vitre." Les agents utilisent un appareil photo, un pinceau, et de la poudre noire pour tenter de déceler des traces d'empreintes. Après ce premier constat, les techniques de relèvement d’empreintes sont cruciales.
Plateau technique de proximité
Bientôt, nos agents doivent se préparer pour l’analyse des objets répertoriés. Dans le laboratoire, Véronique s’affère à examiner une manette de drone. "Cette manette a été utilisée pour livrer un colis dans une maison d'arrêt en Charente-Maritime. Je vais analyser les empreintes digitales et déterminer si elles peuvent être mises en relation avec un suspect", explique-t-elle. Pour cela, elle utilise des outils avancés de traitement d'image qui lui permettront de faire ressortir chaque détail des empreintes à analyser.
Le laboratoire, où tout est méticuleusement sécurisé, abrite également des cuves à cyanoacrylate, utilisées pour révéler les empreintes digitales. "Nous plaçons les objets à l'intérieur, où une expliquation de la superglue agit pour révéler les traces sudorales laissées. Cela permet d'observer des empreintes pouvant être exploitées par la suite", précise-t-elle.
Salle de signalisation
Au rez-de-chaussée du commissariat, la salle de signalisation est le lieu où sont traitées les informations sur les suspects. "Le rythme est variable ; parfois, je traite jusqu'à 18 cas dans une journée !" déclare Mathilde, notre experte en signalisation. Elle poursuit son travail avec diligence, collectant des données cruciales pour chaque affaire. Les empreintes sont numérisées et envoyées directement au répertoire automatisé, mais un système d'archivage traditionnel est également maintenu au cas où la technologie rencontrerait des problèmes.
Les échantillons ADN et autres éléments sensibles sont envoyés aux laboratoires spécialisés à Bordeaux ou Toulouse, selon les besoins de l'enquête. Cette coordination interdépartementale est essentielle pour assurer que chaque morceau de preuve soit exploré et utilisé à bon escient.







