Les apiculteurs de Provence connaissent une crise sans précédent. En 2025, les conditions climatiques extrêmes, avec une sécheresse prolongée et des températures record, ont gravement affecté la floraison des plantes mellifères, entraînant une réduction drastique des récoltes. Des variétés de miel emblématiques comme le miel de lavande sont directement impactées. Face à cette situation préoccupante, la filière apicole appelle à une mobilisation générale.
Yasmina, à la tête des "Avettes du Ventoux", est apicultrice professionnelle depuis cinq ans. Pour elle, 2025 est gravée dans sa mémoire comme l'année la plus difficile. "Nous avons subi une canicule sévère au moment crucial de la floraison des lavandes", raconte-t-elle. "Les lavandiculteurs ont dû couper leurs fleurs après seulement huit jours, dans l'espoir de sauver ce qui pouvait l'être. Certaines plantations n'ont même pas fleuri, elles sont mortes sur pied, un phénomène extrêmement rare dans notre métier."
Une catastrophe économique
Le miel de lavande représente une part essentielle de l'activité d'Yasmina, étant particulièrement apprécié par les touristes et durant la période de Noël, garantissant 50 % de son chiffre d'affaires. "Nous avions de grands espoirs pour cette récolte, mais nous avons obtenu à peine 2 à 4 kilos de miel par ruche, contre 20 à 40 habituellement. Cela met en péril non seulement nos finances, mais pèse aussi sur le moral de toute l'équipe, après tant d'efforts investis pour si peu de résultats", confie-t-elle.
Principal responsable : le réchauffement climatique
Pour Yasmina, ces bouleversements sont clairement liés au réchauffement climatique. "C'est inquiétant, car cela peut mettre nos exploitations en danger. L'avenir du miel local est incertain", avertit-elle. En réponse à ces défis, elle envisage un changement de pratiques. "Il se pourrait que nous soyons forcés de déplacer nos ruches. Beaucoup de collègues commencent à migrer vers des régions plus fraîches. Nous explorons déjà des possibilités vers l’Ain ou le nord de la Drôme, où les conditions semblent plus favorables pour les miellées."
Pour atténuer les risques, Yasmina a décidé de limiter le nombre de ruches sur le plateau de Sault, concentrant ses efforts sur des zones plus prometteuses. Alors que le climat change, les apiculteurs de Provence doivent s'adapter pour survivre.







