De la dignité du sandwich
Dans l'évaluation de la gastronomie française à travers ses rues, il est évident que la situation de la street food laisse à désirer. Malgré quelques sandwiches qui brillent par leur qualité, l'offre globale semble peu engageante pour un pays qui aspire à une reconnaissance de l'Unesco. C'est dans ce contexte que l'initiative de Michel Guérard, lancée à Eugénie-les-Bains, pour un concours de "snack relais & châteaux" mérite d'être saluée.
Ce concours invite les membres de la chaîne à développer un sandwich dont le coût des ingrédients ne doit pas dépasser 2 euros, tout en étant original, chaud, et pesant entre 250 et 300 g, avec des qualités nutritionnelles avérées. Si certains peuvent ironiser sur cette démarche de l'institution, elle se révèle pourtant essentielle. Le public, de plus en plus exigeant, semble vouloir échapper à une gastronomie qui souffre d'excès de prétention et de prix trop élevés, diluant l'image des chefs dans les sphères élitistes.
Une autre initiative prometteuse émerge de la part de Francis Staub, connu pour ses cocottes en fonte. Ce dernier prépare le lancement d'une chaîne de produits à consommer sur le pouce, avec une première adresse à Paris, près des Halles. Cependant, l'enjeu majeur demeure de sortir de l'impasse actuelle où l'industrie alimentaire semble régresser. Rappelons-nous qu'il y a deux décennies, la baguette à bas prix imposée dans les supermarchés a été contrée par des réformes qui ont permis aux boulangers de retrouver leur place, menant à une qualité du pain inégalée en France. Il est peut-être temps de redonner à notre sandwich la dignité qu'il mérite.







