L'inflation, difficile à supporter en soi, a exacerbé la précarité alimentaire des Français. Alors que les prix des courses augmentent, les salaires stagnent, entraînant ainsi une diminution significative du pouvoir d'achat. Des événements économiques, tels que la guerre en Ukraine, aggravent cette situation, mais un nouveau terme est apparu sur nos étiquettes : la cheapflation.
Qu'est-ce que la cheapflation ?
La cheapflation, un mélange de "cheap" (bon marché) et d'inflation, est une tactique adoptée par certaines entreprises agroalimentaires. Elle consiste à réduire la quantité ou à remplacer des ingrédients de qualité par des alternatives moins chères tout en augmentant le prix du produit. À l'image de la shrinkflation, qui diminue le poids d'un produit sans modifier davantage son prix, la cheapflation est insidieuse.
Les changements dans la composition d'un produit peuvent sembler minimes, mais cumulatifs, ils permettent aux industriel de réaliser des économies colossales, laissant les consommateurs dans l'ignorance.
Une pratique de plus en plus courante
De nombreux consommateurs ne remarquent même pas ces modifications, car les listes d'ingrédients sont souvent longues et complexes. Des ONG comme Foodwatch attirent l'attention sur ces abus, en utilisant des bases de données pour traquer les changements des recettes au fil du temps. Plusieurs grandes marques ont déjà été signalées : par exemple, les cordons bleus Le Gaulois ont vu leur prix augmenter de 25 % tandis que la proportion de viande a cruellement chuté.
Les entreprises se justifient en évoquant des causes externes comme la grippe aviaire ou la hausse des matières premières. Pourtant, l'analyse des prix révèle que ces augmentations dépassent l'inflation, contredisant les arguments des géants de l'agroalimentaire.
Les conséquences de la cheapflation
Les consommateurs, en particulier les plus vulnérables, subissent directement cette malbouffe résultant des pratiques de cheapflation. Les ingrédients nutritifs, souvent plus coûteux, disparaissent au profit d'ersatz moins sains. Parrallèlement, des produits traditionnellement bien équilibrés deviennent plus sucrés ou gras.
Les lois actuelles ne semblent pas protéger les consommateurs de cette tendance préoccupante. Les entreprises sont tenues d’afficher la composition de leurs produits, mais elles ne sont pas obligées d'informer sur les changements, créant ainsi un flou qui permet de maintenir le client dans l’ignorance. Des initiatives collectives, telles que des pétitions lancées par diverses associations, tendent vers une plus grande transparence, tandis que le gouvernement envisage des modifications réglementaires pour contrer ces pratiques.







