Le gouvernement français a annoncé une relance des appels d'offres pour l'éolien terrestre et en mer, ainsi que pour le photovoltaïque. Cette initiative est cruciale pour diminuer la dépendance aux énergies fossiles, dont les prix continuent de flamber en raison de la guerre au Moyen-Orient.
"C'est un honneur d'annoncer cette relance", a déclaré Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, en compagnie du ministre de l'Économie, Roland Lescure. Ce plan est perçu comme un pivot essentiel dans la stratégie énergétique de la France, permettant une montée en puissance rapide et économique de la production électrique.
Dans le contexte actuel de hausse des prix des matières premières, l'objectif est ambitieux : passer de 60% de consommation de pétrole et de gaz à 60% d'énergie décarbonée d'ici 2030. Ce projet s'inscrit dans la feuille de route énergétique dévoilée au mois de février.
La troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) prévoit aussi un renouveau du nucléaire, avec la construction prévue de six nouveaux réacteurs de type EPR2, dont le premier devrait entrer en service en 2038.
Roland Lescure a souligné l'importance d'une approche à long terme pour diminuer la dépendance énergétique, en favorisant la transition vers l'électricité et en augmentant la production via le nucléaire et les énergies renouvelables.
Cette annonce intervient à l'approche d'un plan d'électrification que le gouvernement présentera prochainement, destiné à concilier une production d'électricité à la fois abondante et décarbonée, face à une demande stagnante suite à la crise énergétique de 2022.
Les deux ministres se rendront sur le parc éolien en mer des Îles d'Yeu et de Noirmoutier en Vendée pour discuter des bénéfices attendus, tant sur le plan économique que commercial, afin d'améliorer le pouvoir d'achat des Français.
La France dépense annuellement environ 60 milliards d'euros pour ses importations d'énergies fossiles, un coût qui pourrait augmenter cette année. Face à cela, le ministre a rappelé que la France bénéficie de tarifs d'électricité parmi les plus compétitifs d'Europe, diminués de 30 à 35% par rapport à nos voisins italiens.
Selon les prévisions, la PPE3 pourrait générer jusqu'à 120.000 nouveaux emplois d'ici 2035, dont 90.000 dans le secteur des énergies renouvelables. L'éolien flottant pourrait également rapporter près de 37 milliards d'euros, en termes de taxes et d'impacts économiques.
L'objectif est d'atteindre une capacité installée de 15 gigawatts (GW) en 2035, contre seulement 2 GW aujourd'hui. Les appels d'offres envisagés devraient permettre d'ajouter environ 10 GW supplémentaires, avec des projets impliquant à la fois l'éolien posé et flottant sur plusieurs façades maritimes.
Alors que l'éolien posé est généralement proche des côtes, l'éolien flottant peut être installé plus au large, où les fonds marins sont plus profonds, en particulier en Méditerranée.
Cette stratégie vise à faire de la France un leader européen et mondial dans le secteur de l'éolien flottant, avec un objectif de 6 GW d'ici 2040. En ce qui concerne le photovoltaïque, le plan se concentre sur le soutien à l'autoconsommation, tant pour les particuliers que pour les petites entreprises, et sur la relocalisation de la production de panneaux solaires en Europe.
Enfin, concernant l'éolien terrestre, l’emphasis sera mise sur le renouvellement des projets existants, en veillant à la fois à l'acceptabilité sociale et à la compétitivité économique.







