Qui sera le prochain gouverneur de la Banque de France ? Avec le départ imminent de François Villeroy de Galhau, ce poste crucial est sous le projecteur. Emmanuel Moulin, qui a entamé une discrète campagne pour régler ses soutiens, fait figure de candidat principal. Toutefois, certaines voix s'élèvent contre lui, invoquant sa proximité avec le président, Emmanuel Macron.
François Villeroy de Galhau a confirmé son départ le 9 février dernier, prenant la direction de la fondation Apprentis d'Auteuil, ciblant la protection de l'enfance. Ce retrait prématuré ouvre la porte à Emmanuel Macron pour qualifier un nouveau gouverneur qui pourrait rester en fonction jusqu'à juin 2032, selon Le Monde.
Un processus électoral très politique
Le choix du gouverneur de la Banque de France implique une audition des candidats par les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ces dernières peuvent bloquer la nomination, renforçant le caractère politique de cette sélection.
En plus de la politique monétaire, la Banque de France joue un rôle clé, gérant des aspects tels que le taux du Livret A et la fabrication des billets.
La discrète campagne d'Emmanuel Moulin
Emmanuel Moulin, âgé de 57 ans, a déjà occupé des postes importants au sein de l'administration. Il a récemment fait savoir lors d'une réunion qu'il « tenterait sa chance ». Pour le député socialiste Philippe Brun, son soutien dépendra de l’issue de l’audition.
Un profil trop proche de la Macronie pour les opposants ?
Cependant, des scepticismes surgissent. Eric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée, souligne que « l’indépendance et la neutralité » sont des enjeux critiques pour le poste. Des inquiétudes se font également entendre concernant la substance de ses relations politiques. Jean-Philippe Tanguy du RN le qualifie même de « pire personnalité de la Macronie ».
"Il est sans doute compétent sur le plan technique, mais son affiliation avec le gouvernement en place soulève des questions légitimes."
Une femme nommée pour la première fois ?
Des noms tels qu'Agnès Bénassy-Quéré, actuelle sous-gouverneure de la Banque de France, et Laurence Boone, ex-économiste en chef à l’OCDE, circulent comme alternatives, bien qu'aucune d'elles ne semble réellement mener campagne. Si une femme venait à être nommée, ce serait une première historique, mais le temps presse, exacerbant la méfiance quant à une possible période d'intérim, où les sous-gouverneurs assureraient la transition.
Les interrogations demeurent autour du processus de nomination, alors qu’Emmanuel Macron devra jongler avec les attentes des différents acteurs politiques. La question reste entière : parviendra-t-il à trouver un candidat acceptable pour tous, ou verra-t-on une femme devenir la première gouverneur de la Banque de France ?







