Emmanuel Macron évoque l'avenir européen d'Andorre lors de sa visite à la principauté

La visite de Macron à Andorre aborde traditions et enjeux contemporains, incluant l'avortement.
Emmanuel Macron évoque l'avenir européen d'Andorre lors de sa visite à la principauté
©Valentine CHAPUIS, AFP - Emmanuel Macron, sur le futur site d'une entreprise de géotextile, à Laroque-d'Olmes (Ariège) le 27 avril 2026

Le président français Emmanuel Macron, co-prince d'Andorre, a salué lundi la "singularité" de la principauté pyrénéenne, qui jongle entre ses traditions et son "destin européen", lors de sa première journée dans ce micro-Etat. Cette visite intervient alors qu'une question délicate, celle de l'avortement, sera abordée le lendemain.

Lors d'un dîner avec Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, second coprince d'Andorre, il a déclaré : "C'est dans cette tension permanente entre modernité et tradition, entre enracinement et avenir européen, que se joue le destin de la principauté." Le président a également loué la "neutralité active d'Andorre sur la scène internationale" ainsi que sa "capacité à s'inscrire dans des principes universels qui la dépassent et à embrasser une Europe" à laquelle elle appartient.

Un accord d'association en cours de négociation avec l'Union européenne (UE) permettra à Andorre de bénéficier du marché commun sans en devenir un État membre. Cet accord devra néanmoins être validé par référendum au sein de la principauté.

Connu pour ses pistes de ski et ses régimes d'imposition avantageux, Andorre a quitté la liste des paradis fiscaux de l'OCDE en 2010, adoptant une fiscalité désormais modérée, bien en deçà de la moyenne européenne.

- Interdiction de l'IVG -

Le président a souligné que chaque chef d'État français est traditionnellement attendu à Andorre durant son mandat, Emmanuel Macron ayant déjà visité la principauté en 2019. Cette fois-ci, il devra traiter de la situation de l'avortement, une question surveillée de près par la population. L'Andorre est l'un des rares États européens à interdire complètement l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

L’IVG y est passible de sanction pénale tant pour les femmes que pour les médecins impliqués, bien qu'aucun procès n'ait jamais eu lieu à ce sujet. En mars, le chef du gouvernement d'Andorre, Xavier Espot Zamora, a exprimé son espoir de voir l'IVG dépénalisée dans l'année à venir, sans nécessairement la légaliser.

La structure de gouvernance unique et l'importance du Saint-Siège dans les négociations compliquent la question. M. Zamora a précisé que la restriction sur l'IVG n'est pas due à un conservatisme plus marqué qu'en France ou en Espagne, mais plutôt à la présence d'un évêque parmi leurs chefs d'État.

- Un projet industriel dans l'Ariège -

Avant de se diriger vers Andorre, Emmanuel Macron avait célébré le "combat pour l'indépendance" de la France, en posant la première pierre d'une nouvelle usine de géotextiles dans l'Ariège, voisine d’Andorre. Le projet, nécessitant un investissement de 30 millions d'euros, devrait créer 40 emplois directs et159 indirects, selon l'Élysée.

Le chef de l'État a affirmé que le renforcement de l'industrie et la transformation agricole sont compatibles avec les défis de souveraineté auxquels la France fait face. Il a aussi visité un hôpital local pour aborder la lutte contre les déserts médicaux, déplorant les obstacles administratifs qui rendent difficile l'embauche de praticiens formés hors de l'UE.

"C'est la folie du système français", a-t-il noté devant un médecin d'origine algérienne, faisant allusion aux tensions géopolitiques avec Alger.

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