Les élus de la métropole Aix-Marseille-Provence, aux prises avec un trou de 123 millions d'euros, ont décidé, mardi, de ne pas adopter le budget 2026, ce qui pourrait entraîner une intervention de l'État rarissime dans les affaires locales.
Nicolas Isnard, président de l'institution et maire de Salon-de-Provence, a qualifié cette décision d'« inédite » lors d'une séance publique. Selon lui, il s'agit d'un « signal fort » envoyé à l'État, face à une assemblée qui s'unit dans l'adversité.
De son côté, Benoît Payan, maire de Marseille, a admis avoir voulu provoquer un “électrochoc” chez les responsables étatiques. Il a déclaré que l'État n'avait pas pris au sérieux leurs prévisions, notant que « faire un budget équilibré s'avère impossible » avec un déficit aussi conséquent.
Cette impasse budgétaire est le résultat d'un bras de fer avec l'État, engagé depuis plusieurs semaines. Les élus, représentant une collectivité de 1,8 million d'habitants, alertent sur les conséquences d'un manque de dotations publiques, chiffrées par leurs soins à 120 millions d'euros lors des deux dernières années, en raison des nouvelles infrastructures nécessaires à la suite du plan d'investissement « Marseille en grand ».
Conformément à la loi, la métropole devra faire face à une mise sous tutelle si elle n'adopte pas son budget d'ici le 30 avril. Dans ce cas, le préfet sera chargé de saisir la Chambre régionale des comptes, laquelle devra proposer une alternative budgétaire dans un délai d'un mois. Ce genre de mise sous tutelle reste exceptionnel, ayant affecté récemment des territoires comme la Charente et la Guadeloupe.
Dans une tentative de redresser la situation, la métropole a élaboré un « plan d'économie d'urgence » de 30 millions d'euros, qui inclut la réduction de certains événements. Cependant, les élus s'inquiètent d'un « choc fiscal » imminent pour les résidents.
Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a reconnu que les mesures budgétaires étaient « dures » et a insisté sur la nécessité d'une approche différente pour l'année prochaine. Les discussions sur de possibles économies, telles que l'augmentation des bus et tramways ou la réduction des subventions aux associations, suscitent des controverses parmi les élus.
Benoît Payan a également exprimé sa réticence à imposer des tarifs plus élevés pour les transports en commun, estimant que ceci serait un fardeau supplémentaire pour les Marseillais. En tant que nouvelle présidente de la Régie des Transports métropolitains, Samia Ghali s'est engagée à rechercher activement des fonds auprès de l'État et d'autres partenaires afin d'éviter que sa régie ne subisse les conséquences des erreurs passées.







