Comme le souligne Cindy Vuillemain, "cet été, je vais me plonger dans le sujet". À compter du 1er septembre, les entreprises seront tenues de recevoir toutes leurs factures par le biais de plateformes électroniques agréées, une évolution qui devient incontournable. Sébastien Rabineau, directeur du projet de facturation électronique à Bercy, précise : "Nous avons constaté une grande diversité dans les pratiques actuelles, notamment avec la persistance des factures papier." Cette réforme vise à unifier le système.
Concernant les grandes entreprises, les 12 000 plus gros acteurs du marché devront également envoyer leurs factures par voie électronique à partir du même 1er septembre, avec une généralisation attendue pour 2027.
"Il n'y aura pas de report", a insisté Amélie Verdier, à la tête de la direction générale des finances publiques (DGFiP), lors des Journées de la facture électronique à Paris, tout en reconnaissant que "tout ne sera pas parfait" après le lancement.
Une réforme qui prend son temps
Une étude récente par Ipsos et BVA a montré que 87 % des dirigeants étaient désormais au courant de cette réforme, un chiffre en hausse appreciable de 19 points. Toutefois, c'est souvent au sein des petites entreprises que l'inquiétude se fait sentir, surtout face à une avalanche de publicités des différentes plateformes.
Face à la nécessité de s'équiper, l'administration fiscale a intensifié ses efforts d'information, avec des messages envoyés à toutes les entreprises non encore inscrites, les dirigeant vers des ressources utiles pour choisir leur plateforme. Un support téléphonique a été mis en place pour répondre aux questions des chefs d'entreprises.
Les experts-comptables, qui conseillent près de 3,5 millions d'entreprises, promettent d'accompagner leurs clients. Toutefois, Damien Charrier, président du conseil de l'ordre des experts-comptables, évoque aussi les limites de leur soutien : "On ne pourra pas faire 100 % du travail; d'autres acteurs devront jouer un rôle essentiel, surtout pour les très petites entreprises."
Anticiper les récalcitrants
Si l’État opte pour un accompagnement des entrepreneurs perdus, il se montre moins indulgent envers les récalcitrants. Les entreprises qui ne respecteront pas l'échéance du 1er septembre recevront un e-mail leur demandant d'expliquer leurs difficultés. En cas de non-réponse, des amendes allant jusqu'à 1 000 euros pourraient être appliquées.
Mais cette réforme ne fait pas que susciter des inquiétudes; certains entrepreneurs, comme Cindy Vuillemain, voient en elle une opportunité de simplification de leur processus administratif. "Nous avons déjà pris des informations auprès de notre comptable et étudions différentes options." Elle reconnaît que pour ceux qui ne sont pas préparés, la transition sera ardue. "De toute manière, conclut-elle, on n’a pas le choix, donc autant investir notre énergie dans la nouveauté."







