Selon des prévisions récentes de l'Association internationale du transport aérien, le trafic aérien va augmenter, mais les bénéfices des compagnies vont dramatiquement chuter en 2026.
D'ici 2026, les compagnies aériennes s'attendent à transporter 5,1 milliards de passagers, soit une hausse de 2,4% par rapport à 2025. Malgré cette croissance, elles anticipent une diminution drastique de leurs bénéfices, principalement en raison de la flambée des prix du kérosène, qui n'empêche pas les voyageurs de fréquenter les aéroports, comme l'affirme un rapport publié le 7 juin. Lors d'un congrès à Rio de Janeiro, l'Association a précisé que sa sphère d'influence, représentant 85 % du trafic mondial, connaît une évolution inattendue.
Le directeur général de l'IATA, Willie Walsh, a déclaré que la situation est préoccupante : « Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, combinées à la montée des coûts des carburants, rendent l'avenir des compagnies aériennes plus incertain. » Alors que la barre des 4 milliards de passagers avait été franchie en 2023, les prévisions actuelles mettent en lumière une rentabilité en chute libre.
Des bénéfices en berne
Il est prévu que les bénéfices des compagnies chutent de 45 milliards de dollars en 2025 à seulement 23 milliards en 2026, avec des marges nettes tombant de 4,2 % à 2,0 %, selon l'IATA. Walsh a commenté : « Avec un bénéfice net d'environ 4,50 dollars par passager, il est difficile de voir cela comme une réussite. Cela couvre à peine le prix d'un hot-dog dans la plupart des stades. » De plus, avec la hausse continue des coûts des carburants, les compagnies répercutent en partie ces coûts sur les prix des billets, tout en absorbant des pertes significatives sur leurs résultats.
Une année difficile pour les compagnies du Moyen-Orient
Les compagnies aériennes du Moyen-Orient, telles qu'Emirates et Qatar Airways, s'appuient habituellement sur une production locale de kérosène, mais elles s'attendent à une année particulièrement difficile. Les prévisions indiquent que leur marge nette pourrait tomber à -6,1 % en 2026, alors qu'elle était de 9,4 % en 2025.« Les compagnies du Moyen-Orient devront envisager des tarifs plus compétitifs pour attirer les voyageurs, plutôt que d'attendre un rétablissement rapide de leurs volumes, » indique l'IATA.
Alors que l'incertitude géopolitique demeure, l'IATA se montre optimiste concernant la demande de voyages, avec une diminution de 26 % des prix moyens des billets au cours de la dernière décennie.







