Le gouvernement, sous pression pour sécuriser le projet de reprise de Fibre Excellence, menacé de liquidation, a exprimé des doutes quant à l'absence d'un « réel investisseur industriel » dans l'offre actuelle des dirigeants, a rapporté le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, lors d'une séance à l'Assemblée nationale.
Cette déclaration intervient alors que des collectivités locales et syndicats se sont unis pour exhorter le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à agir rapidement afin d'éviter la liquidation du groupe. Fibre Excellence est propriétaire des deux dernières usines de pâte à papier en France, situées à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), qui sont à l'arrêt depuis fin avril, ayant été placées en redressement judiciaire.
Actuellement, 670 employés dépendent de ce groupe dont la disparition menacerait plus de 10 000 emplois dans la filière, selon les syndicats et les collectivités locales. Les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), avec le soutien des secrétaires généraux de la CGT, de la CFDT et de FO, ont donc demandé au gouvernement des engagements clairs avant le 17 juin, date d'une audience cruciale au tribunal de commerce de Toulouse.
La direction de Fibre Excellence, dirigée par Jean-François Guillot depuis 2019, a un projet de reprise dont le succès dépendra non seulement de leur engagement mais aussi d'actions politiques rapides. Comme l’a indiqué Thomas Pétreault, directeur des affaires publiques, « la réussite dépendra de décisions politiques que nous attendons ».
Un point crucial dans ce dossier est la dépendance de Fibre Excellence à une activité annexe : la production d'électricité à partir de bois, un secteur devenu déficitaire en raison de l'augmentation des coûts des matières premières. Bien que le gouvernement ait proposé une hausse du tarif de rachat de l'électricité par EDF, cette augmentation est jugée insuffisante par la direction de l'entreprise.
Des demandes de sécurisation de l'approvisionnement en bois et d'un cadre d'aides pour le projet de reprise sont également sur la table. Mercredi, le ministre Martin n'a pas annoncé de nouvelles initiatives de l'État mais a assuré que « l’État a tout mis en œuvre », soulignant la proposition d’ajout sur le prix de rachat de l’électricité.
Cependant, le ministre a critiqué les offres d'investisseurs éloignés, déclarant : « Je veux un investisseur industriel ». L'actionnaire actuel, l'Indonésien Jackson Wijaya, a décidé de se retirer, citant l'absence de rentabilité après y avoir investi près de 300 millions d'euros.
En dépit de ces obstacles, la direction reste optimiste, soulignant un potentiel soutien renforcé de l'État. Ils estiment avoir avancé dans la reconstitution de leurs fonds propres, avec un besoin global de financement de 45 millions d'euros et une promesse de soutien de 8 millions d'euros des régions. Des discussions sont également en cours avec des industriels pour relancer l'activité dans ce secteur clé, atteste M. Pétreault.







