Les producteurs français se retrouvent piégés dans un cycle sans fin concernant les droits de douane. Alors qu'il est attendu à Évian pour le G7, Trump a à nouveau brandi l'épée de Damoclès des lourdes barrières tarifaires. Selon une interview accordée au New York Post, il a déclaré n'avoir "pas d'autre choix" que d'appliquer un tarif de 100% sur "tous les champagnes et vins" français si Paris ne renonce pas à sa taxe sur les services numériques, ciblant des géants américains comme Amazon et Facebook.
Les vins français, véritable emblème du commerce extérieur hexagonal, font une nouvelle fois les frais de la colère présidentialiste de Trump. Les États-Unis demeurent le premier marché d'exportation pour les vins et spiritueux français. Toutefois, la filière souffre encore des séquelles d'une année tumultueuse où le président a joué avec les nerfs des exportateurs, exacerbant les fluctuations des prix et aggravant les conséquences d'un euro fort. Au sein des exploitations viticoles, l'inquiétude monte : des droits de douane aussi élevés pourraient entraîner une rupture totale des exportations vers l'Amérique.
Dans le contexte de négociations commerciales, les sourires se sont cependant raréfiés. À l'aube d'avril, Trump avait menacé d'imposer des droits de douane de 20% sur une vaste gamme de produits européens, y compris les vins. Bien qu'il ait annoncé un gel temporaire de cette hausse, le blanc manteau de la menace ne tarda pas à resurgir, déstabilisant un secteur qui peinait déjà à se remettre d'un coup dur.
Une instabilité chronique
Les journées d'été de 2025 ont apporté une éclaircie timide avec la signature d'un accord commercial entre Bruxelles et Washington, prévoyant des droits de douane à 15%. Cependant, cette mesure ne s'étendait pas aux vins français, laissant de nombreux producteurs sur leur faim. L'accord a été acté sans exclure les tarifs sur les vins, ce qui a provoqué déception et incertitude parmi les viticulteurs.
En parallèle, Emmanuel Macron a affirmé vouloir une approche "respectueuse mais ferme" concernant cette taxation, en rejetant l'idée de retirer la taxe numérique, affirmant que celle-ci fait partie intégrante du cadre juridique européen. "Les droits douaniers n'apportent de bénéfices à personne, surtout entre pays du G7," a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de stabilité commerciale.
Des experts comme Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), ont déjà exprimé leurs craintes. "Cette nouvelle menace est clairement un mauvais signal pour un secteur déjà fragilisé par les chocs économiques des dernières années," a-t-il déclaré à l'AFP.
Les chiffres ne laissent pas de place au doute : les exportations de vins vers les États-Unis ont chuté de 8,6% en volume et de 19% en valeur en 2025. Pour beaucoup, cette lutte commerciale pourrait causer des dommages irréparables, et les producteurs français continuent de prier pour un apaisement des tensions, tout en gardant un œil vigilant sur les mouvements de Trump.







