À Huntsville, en Alabama, le FBI a érigé une réplique complète, dans un hangar, d’une ville moderne disposant d’hôtels, d’une station-service et d’un hôpital, s’étendant sur 2.044 mètres carrés. Cet espace n’est pas destiné à des exercices de libération d’otages, mais à la formation en cybersécurité.
Inauguré en 2025, ce centre, nommé Kinetic Cyber Range (KCR), offre la possibilité de réaliser des scénarios réalistes dans un cadre totalement détaché d’Internet. Le FBI a récemment partagé une première vidéo dévoilant le site, marquant une étape importante dans sa transparence vis-à-vis du public.

Les infrastructures sont interconnectées comme dans une véritable ville et incluent un centre de données d’environ 200 serveurs, utilisés pour tester des cyberattaques. Tous les systèmes fonctionnent en réseau isolé, évitant ainsi le risque de fuites d'informations.
"Les systèmes que nous avons mis en service dans ces installations sont tout aussi réels que la façade extérieure... Nous essayons de rendre les scénarios aussi réalistes que possible", explique David Beachboard, responsable de KCR.
Depuis l’ouverture, plus de 1.400 stagiaires, incluant des agents du FBI et d'autres agences, ont déjà pu bénéficier de cette formation. Un exercice grandeur nature a eu lieu en avril, remplaçant les méthodes traditionnelles d’enseignement, concentrées jusque-là dans des salles de classe.
Changer l’apprentissage de la cybersécurité
Avec ce centre à taille réelle, "tout l’apprentissage change". Les étudiants explorent des maisons connectées, prennent des décisions stratégiques sur les objets à emporter, ou effectuent des mandats de perquisition en interaction avec des administrateurs système.
David Beachboard souligne que le centre de données, comprenant une diversité de systèmes d'exploitation, permet d'apprendre à travailler dans des conditions réelles de travail. "Il fait froid, c’est bruyant, c’est pénible", souligne-t-il, rappelant l'importance de reproduire l'environnement de travail réel.

L'objectif principal ne se limite pas à des compétences techniques : il s’agit également de former les enquêteurs à appliquer ces connaissances sous pression, où la communication et le jugement sont essentiels. Le succès de cette initiative pourrait bien servir de modèle pour d'autres agences et même d'autres pays.







