Le gestionnaire du réseau électrique Enedis a lancé ce mardi une opération de contrôle à grande échelle auprès des grandes surfaces soupçonnées de fraudes.
Cette opération a eu lieu dans toute la France, ciblant 134 sites où des anomalies de consommation avaient été signalées. Enedis a travaillé en étroite collaboration avec les forces de l'ordre et les fournisseurs d'électricité pour mener ces contrôles, comme l'indique un communiqué de l'entreprise.
Les actions de contrôle se sont majoritairement orientées vers le secteur de la grande distribution, notamment certaines franchises, où des incohérences notables avaient été relevées en matière de consommation d'électricité. Enedis n’a cependant pas divulgué les noms des enseignes impliquées, ni l'estimation du préjudice financier.
100 millions d'euros de préjudice chaque année
Selon une source jointe par l'AFP, le préjudice causé par un client professionnel fraudeur peut atteindre en moyenne 40.000 euros, soit dix fois plus que pour un particulier. Enedis estime que le coût global de la fraude dans le milieu professionnel pourrait s'élever à 100 millions d'euros par an.
“Certaines fraudes touchent directement les dispositifs de comptage et représentent des risques d'électrisation et d'incendie, tant pour les employés que pour le public,” a souligné Enedis. Le gestionnaire a mis en place des outils d’analyse pour détecter ces fraudes en comparant les données de consommation avec celles d'autres établissements similaires dans le même secteur.
60.000 contrôles prévus en 2026
Enedis a l’intention de réaliser davantage d'analyses pour confirmer les fraudes détectées lors de cette campagne. Pour chaque cas avéré, les entreprises concernées seront informées officiellement sur la quantité d'électricité consommée frauduleusement, qui sera facturée par leur fournisseur. Enedis prévoit également de porter plainte à chaque cas confirmé et de se porter partie civile si nécessaire.
Depuis 2022, Enedis a effectué plus de 50.000 contrôles et prévoit d’atteindre près de 60.000 d'ici 2026, doublant ainsi ses équipes dédiées à la lutte contre la fraude, qui passeront à 500 employés. De plus, la fraude à l'électricité peut entraîner des amendes allant jusqu'à 75.000 euros pour vol d'énergie ou jusqu'à 375.000 euros pour escroquerie, les sanctions étant multipliées par cinq pour les entreprises, accompagnées de peines d'emprisonnement d'une durée maximale de cinq ans.







