La Bourse de Paris fait preuve de prudence ce lundi, réagissant à des prix du pétrole dépassant les 100 dollars le baril. Ce moment d'hésitation est accentué par l'attente des décisions monétaires des principales banques centrales à la suite des répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
À 10H15 heure de Paris, l'indice phare CAC 40 affichait une baisse de 0,40%, soit 31,80 points, se stabilisant à 7.879,73 points, après une légère hausse à l'ouverture. Vendredi, l'indice avait déjà enregistré une chute de 0,91%, clôturant à 7.911,53 points.
Au cours du mois, le CAC 40 a rebondi sur un repli de plus de 8%.
Les analystes notent que les marchés continuent de naviguer à vue en cette première journée de la semaine, comme le souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB : "Le pétrole reste confortablement au-dessus des 100 dollars le baril, alimentant l'inquiétude des investisseurs."
Dans une récente interview accordée au Financial Times, Donald Trump a suggéré que l'Otan, tout comme la Chine, envoie des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, point névralgique par lequel transite environ un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié. Le président américain a averti que le refus des membres de l'alliance d'agir pourrait avoir des "conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan" et a menacé de reporter son voyage en Chine prévu à la fin de mars.
Pour contrecarrer la montée des prix du brut, l'Agence internationale de l'énergie a annoncé que 400 millions de barils de réserves stratégiques devraient être libérés immédiatement en Asie et en Océanie, et en Europe et en Amérique à la fin mars.
Par ailleurs, les décisions qui découleront de quatre grandes réunions de banques centrales seront scrutées de près, selon Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. "Les marchés vont prêter attention à leurs réponses face à la guerre et à la flambée des prix du pétrole," a-t-il déclaré.
La décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) est attendue ce mercredi, suivie de celles de la Banque du Japon (BoJ), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE) jeudi.
"Chaque institution devra naviguer dans un contexte complexe, marqué par le risque géopolitique, la volatilité des prix de l'énergie et une inflation incertaine," note M. Reid.
Christine Lagarde, présidente de la BCE, avait récemment affirmé que l'institution prendrait toutes les mesures nécessaires pour que "l'inflation soit sous contrôle," malgré la pression exercée par la hausse des prix impulsée par la guerre au Moyen-Orient.
Jim Reid anticipe une forte réaffirmation de la flexibilité de la politique monétaire de la BCE, ainsi qu'un message clair sur son engagement envers la stabilité des prix, afin de prévenir une nouvelle crise inflationniste similaire à celle de 2022-2023, déclenchée par la guerre en Ukraine.







