Alors que des dirigeants de la compagnie aérienne sont attendus ce vendredi au Sénat pour discuter de leur politique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, l'entreprise a fait face à des allégations sérieuses devant les prud’hommes lundi dernier. Une hôtesse, Séraphine S., accuse Air France d'avoir tenté de la dissuader de porter plainte.
Il a fallu plusieurs années à cette jeune femme, originaire d'Amiens, pour décidé de parler. Lors de l'audience le 30 mars, elle ne se présente pas seule : son compagnon, des militantes de l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) et plusieurs autres hôtesses de l'air se mobilisent à ses côtés pour la soutenir. Un geste fort, alors que cette affaire met en lumière un sujet souvent tu.L'AVFT a déclaré que de nombreux témoignages circulent au sein de l'entreprise, soulignant un climat de peur parmi les salariées qui hésitent à dénoncer de telles comportements. En effet, des cas de harcèlement sexuel et des agressions sont régulièrement rapportés, mais l'inertie des instances dirigeantes semble persister. Géraldine Dubois, porte-parole de l'AVFT, souligne : "La réponse institutionnelle est souvent insuffisante face à l'ampleur de ces violations des droits des femmes dans le milieu professionnel."
Cette affaire prend une résonance particulière dans le contexte actuel où de nombreuses entreprises sont appelées à renforcer leurs politiques de protection des salarié(e)s contre les agressions et harcèlement. Le Comité d'entreprise d'Air France se retrouve au cœur d'une tempête médiatique, interrogé sur ses méthodes de gestion des plaintes et le soutien apporté aux victimes.
En conclusion, la situation à Air France interpelle. Espérons que les conséquences de cette affaire ouvriront une voie plus transparente et protectrice pour les salarié(e)s.







