Ce lundi 27 avril, le tribunal correctionnel de Nice a rendu son jugement et a condamné le rappeur Freeze Corleone à 15 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour apologie du terrorisme. La décision concerne la chanson "Haaland", sortie en 2024, au cours de laquelle le rappeur compare son entrée dans le monde du rap au tragique attentat de 2016 sur la promenade des Anglais, qui a causé la mort de 86 personnes.
Le parquet avait initialement requis 18 mois de prison avec sursis ainsi que l'amende. En plus de la peine, le rappeur a reçu une interdiction de séjour dans les Alpes-Maritimes pendant une durée de six ans. Bien que le nom de la promenade ne soit pas explicitement cité, les références et les rimes laissent entendre un lien direct avec cet événement tragique.
Des plaintes ont été déposées par plusieurs victimes de l'attentat, notamment des associations comme Life for Nice et La Voix des Enfants, cette dernière exprimant un besoin urgent de justice pour les victimes et leurs familles.
"Cette condamnation se base sur quelque chose qui n'existe pas"
Me Adrien Chartron, avocat du rappeur, a annoncé son intention d'interjeter appel, arguant que "cette condamnation se base sur quelque chose qui n'existe pas". Issa Lorenzo Diakhaté, le vrai nom de Freeze Corleone, a choisi de rester silencieux tout au long de l'enquête, invoquant des menaces potentielles s'il se présentait à Nice.
D'un autre côté, Me Marie Pierre Lazard, l'avocate représentant les victimes, a accueilli cette décision, la qualifiant de "soulagement pour les victimes". Ce jugement pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l'apologie du terrorisme dans la culture populaire et les arts.
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a également pris position, constatant que l'art peut parfois choquer. Il a toutefois souligné que les paroles de Freeze Corleone reflètent un "fond idéologique nauséabond", le qualifiant de "Dieudonné du rap français", en référence à des controverses précédentes autour de ce dernier.
Cette affaire soulève de nombreuses questions sur les limites de la liberté d'expression dans la musique et la responsabilité des artistes face à des sujets aussi sensibles que le terrorisme. Les conclusions de ce procès pourraient influencer la manière dont l'industrie musicale aborde ces thèmes à l'avenir.







