Ce mercredi, la cour criminelle de l'Eure à Évreux a entamé le procès d'un anesthésiste de 63 ans, accusé de viols et d'agressions sexuelles par trois patientes, lors de consultations à l'Hôpital privé de l'Eure en juin 2020. L'accusé, radié de l'Ordre des médecins et suspendu par l'Agence régionale de Santé Normandie, se présente libre devant le tribunal, risquant jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.
La séance se déroule à huis clos, la cour ayant accepté d'exclure le public, ne permettant qu'aux proches des victimes et à la femme de l'accusé d'assister aux débats. Parmi les plaignantes, Emma*, la première à avoir déposé plainte, a partagé son expérience avec ICI Normandie.
« Il m'a marquée à vie », témoigne-t-elle. Lors de l'audience, elle décrit l'angoisse et la détermination qui l'habitent alors qu'elle se confronte à son agresseur. « Nous ne pouvons pas laisser passer ça », insiste-t-elle, soulignant l'importance de faire entendre la voix des victimes.
Au cœur de cette affaire, des révélations troublantes. Emma raconte avoir subi des examens allant bien au-delà de ce qui était nécessaire. « Ça a été un choc, je n'avais jamais eu un tel traitement auparavant », indique-t-elle, ajoutant qu'elle a ressenti un profond besoin d'agir en déposant plainte, sachant que d'autres femmes pouvaient être concernées.
Le témoignage d'Emma est un appel à toutes les femmes victimes d'agressions sexuelles à se manifester. « Il est temps de se libérer du silence », conclut-elle, en appelant à la solidarité entre victimes.
Le procès continuera les jours suivants, avec un verdict attendu pour le 23 mai. Les plaignantes espèrent que la justice sera rendue, et que l'anesthésiste sera effectivement condamné pour ses actes inqualifiables.
*Prénom modifié à la demande de la plaignante.







