Une marche blanche est prévue ce samedi 23 mai à 14h aux Moulins, un quartier de Nice, pour honorer la mémoire d'Adilson, surnommé “Zou”, et d'Ahmed, victimes de la fusillade survenue le 11 mai. Avant cet événement, les résidents partagent leur peur, leur colère et leur sentiment d'abandon face à un narcotrafic omniprésent.
« Je ne sors plus le soir », « ça aurait pu être moi » : ces mots résonnent auprès des habitants, encore sous le choc. La tragédie qui a frappé ce quartier a laissé des marques profondes chez ceux qui y vivent. Certes, le 11 mai, deux hommes ont perdu la vie et six autres ont été blessés dans une fusillade survenue en plein jour, comme le relate ICI.
« On s’étonne de plus rien ici », confie une restante. « Un jour ou l’autre, ça allait mal finir et ils allaient se tirer dessus. » Pour plusieurs habitants, cette fusillade est un cri d’alerte. « Il y a eu trop de laisser-aller de la part des autorités », déplore un riverain. Il est difficile de rester indifférent face à une situation que certains qualifient de désastre.
“On a de la rancœur contre tout le monde”
Une autre habitante partage son émotion : « L’endroit où ça s’est passé, ça aurait pu être moi. » Cette inquiétude grandissante nourrit un sentiment général de rancœur. « L’État, les pouvoirs publics… Le manque d’action est devenu insupportable », se désole un autre résident.
"C'est un attentat, pas une fusillade"
La marche blanche partira ce samedi à 14h du Stadium des Moulins pour arriver à la place des Amaryllis, sous haute surveillance policière. Nourredine Debbari, président de l’association Nouvelles Méthodes Solidaires 06, estime que le terme “fusillade” ne rend pas justice à la gravité des événements. « Pour nous, ce sont des attentats », affirme-t-il. « Quand des innocents sont attaqués en pleine rue, c’est plus qu’une fusillade, c’est une tentative de terroriser la population. »
L’association envisage également plusieurs propositions pour mieux soutenir les victimes et renforcer la lutte contre le narcotrafic. Un rapport sera bientôt remis aux députés des Alpes-Maritimes, guidé par l'espoir d'un changement nécessaire.







