Au premier jour du procès se tenant devant la Cour d’assises des Landes à Mont-de-Marsan, un homme de 57 ans est jugé pour un empoisonnement présumé à l’insuline, ainsi que pour violences conjugales, menaces de mort et provocation au suicide à l’égard de son ex-femme. L’accusé est décrit comme un individu jaloux et obsédé par la question financière.
« Je suis persuadée qu'il voulait me tuer pour ne pas partager l'argent si je le quittais », a confié la victime, lors du procès, évoquant une relation étouffante de 22 ans. Elle a révélé que peu avant le tragique incident survenu en février 2022 à leur domicile de Pujo-le-Plan, elle avait annoncé son souhait de mettre fin à leur mariage. Son ex-mari se présente comme « travailleur », mais ses actions laissent penser qu'il était surtout « jaloux maladif » et dominé par l'argent.
Caméras, factures et comptes bancaires
« Jaloux, oui. Maladif, non ! », s’est défendu l’accusé, mais les preuves, selon la partie civile, pointent vers un comportement possessif. La victime a témoigné que l’accusé avait installé des caméras dans leur maison, prétendument pour se protéger contre les cambriolages, mais que cela visait en réalité à espionner ses moindres faits et gestes. En effet, il surveillait tout, des sorties de sa femme aux factures de téléphone.
« J'ai enfin trouvé la paix », a-t-elle expliqué, en évoquant un nouvel amour qui lui a permis de tourner la page. La directrice d’enquête, un gendarme présent par visioconférence, a attesté avoir vu des messages de l'accusé demandant à sa femme de réactiver la géolocalisation de son téléphone pour l'épier. Avant le drame, la victime avait partagé avec sa fille ses sentiments pour un homme d'affaires local, ce qui avait accentué les soupçons de son mari.
Protecteur ou possessif ?
Comparant son comportement à celui d’un « protecteur », l'accusé a tenté de justifier ses actes. Sa famille, qui a également été entendue, affirme qu'il a toujours été un travaillant acharné, un père dévoué à ses enfants. Cependant, un expert psychologue a nuancé ces propos en décrivant l’accusé comme présentant des traits « narcissiques et paranoïaques », mais aussi une incapacité à supporter une séparation.
Les deux filles du couple doivent témoigner ce jeudi, et des experts de divers domaines renforceront les témoignages déjà rapportés. L'interrogatoire de l'accusé approche, et le verdict est prévu pour ce vendredi 5 juin. L'accusé encourt la peine la plus sévère, la réclusion criminelle à perpétuité, si les faits d’empoisonnement sont avérés.







