«Une situation inacceptable. » Ce vendredi, Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), a brutalement mis en lumière les atrocités qui sévissent dans la prison de Gradignan, dans son dernier rapport publié au Journal officiel suite à une inspection de mars dernier. Les images alarmantes qui accompagnent ce rapport évoquent davantage un bidonville qu’un établissement pénitentiaire.
Des conditions de vie déplorables
La prison de Gradignan, qui représente un véritable symbole des dysfonctionnements du système pénitentiaire en France, avait déjà été blâmée pour ses conditions déplorables. En 2022, un rapport similaire avait déjà mis en lumière les manquements concernant l'hygiène, l'alimentation et les soins médicaux des détenus. Malgré la promesse d'un nouveau bâtiment de 275 places, la situation des détenus ne cesse de se détériorer.
La surpopulation carcérale atteint des niveaux alarmants : de 864 détenus en 2022, le nombre a explosé à 1 188 au dernier comptage, dépassant ainsi un taux d'occupation de 191 %. La situation est encore plus préoccupante dans le bâtiment A, où le taux grimpe à 249 %. En outre, 639 détenus vivent à trois par cellule, et le nombre de personnes dormant sur un matelas au sol a grimpé de 145 à 213.
Une prison vétuste et envahie
Dominique Simonnot dépeint une prison où les cafards pullulent : « Ils se faufilent dans les réfrigérateurs et les affaires des détenus. » Les installations électriques sont dangereuses, et les conditions d'hygiène sont déplorables. Les douches, souvent considérées comme des lieux à risques, sont devenues des outils de confrontation pour certains détenus, qui craignent d'y être agressés. Le tribunal administratif de Bordeaux avait déjà demandé des actions urgentes, mais des mois plus tard, rien n’a fondamentalement changé.
Les conséquences de la surcharge
La surpopulation conjuguée à un manque de personnel (le rapport mentionne l'absence de 100 agents durant la visite) exacerbe la situation. La CGLPL souligne que la plupart des détenus passent 22 heures par jour dans leur cellule, une réalité qui nourrit la violence entre détenus, avec une augmentation de 96 % des incidents violents rapportés entre 2023 et 2025.
Les conditions de nourriture sont également préoccupantes : la gestion de l'approvisionnement alimentaire est jugée insuffisante. Dominique Simonnot indique que « les détenus ont faim », pointant du doigt une surveillance inacceptable de la population carcérale.
En conclusion, malgré les promesses et les projets d'élargissement, la mise à jour des établissements pénitentiaires ne semble pas en mesure de résoudre une crise qui s'aggrave, mettant en cause l’humanité même du système pénitentiaire français.







