ENTRETIEN. Pour Pierre-Jean Verzelen, sénateur de l'Aisne, il est crucial d'adopter des technologies capables de détecter des événements comme les agressions, les chutes ou les incendies via la vidéosurveillance. « Aucun obstacle technique ne s'oppose à cela », déclare-t-il, ayant soumis une proposition de loi visant à renforcer la sécurité publique et la santé des Français.
Il raconte avoir été frappé par un drame local, où une personne âgée est morte sur la voie publique, ignorée pendant plusieurs heures alors que des caméras étaient présentes. Ces dispositifs n’étaient pas munis de systèmes algorithmiques capables d’alerter en cas d’incident. Sa participation à une conférence au Sénat sur le sujet lui a ouvert les yeux sur le potentiel de la technologie, peu exploitée dans le cadre législatif actuel.
Concernant les incidents évitables par ce biais, Verzelen note l'absence d'études précises, mais souligne que des milliers d'agressions et d'accidents potentiels pourraient être améliorés par cette technologie. À l'échelle nationale, il estime que plusieurs milliers de situations par an oubliées pourraient être prises en compte, touchant aussi à la santé publique.
Les récents incendies sur le territoire français soulèvent aussi la question de l'utilité des caméras. Selon Verzelen, si les départs de feu sont principalement causés par des mégots en milieu rural, les feux urbains, comme ceux causés par des ordures, peuvent être détectés. La proposition de loi sur la vidéoprotection algorithmique vise à établir un système d'alerte, laissant à l'humain le pouvoir de décision dans la réponse.
Concernant les infrastructures, Verzelen affirme que de nombreuses caméras en France sont déjà équipées pour traiter des flux algorithmiques ; il suffirait essentiellement d'une mise à jour logicielle pour élargir leur utilisation. Il n'y a donc pas de frein technique majeur à leur généralisation.
Le sujet soulève néanmoins des inquiétudes autour de la surveillance de masse et de la reconnaissance faciale. La proposition de loi assure explicitement l'exclusion de ces pratiques, se basant uniquement sur des alertes de sécurité sans collecter de données personnelles. Un simple signalement est prévu pour avertir d'un événement sans entraver les libertés individuelles.
Quant au cadre légal, le texte stipule que l'utilisation de ces caméras doit être validée par le préfet, avec l'approbation de la CNIL. Les décisions seront rendues publiques et encadrées légalement.
Pour finir, la proposition de loi a été déposée en commission des lois du Sénat. Verzelen anticipe que la sécurité sera un sujet essentiel lors des élections de 2027. Il aime à dire que le débat sur l'usage de technologie pour améliorer la sécurité des citoyens est incontournable et devra être discuté avec sérieux.
Les forces de l'ordre pourraient également bénéficier de ces technologies, car elles permettraient de réduire la charge de surveillance continue sur les agents. Une étude réalisée lors des JO de 2024 a démontré l’efficacité des algorithmes pour soutenir les agents, améliorant ainsi leur concentration sur des événements spéciaux.







