L'affaire Xavier Dupont de Ligonnès continue de hanter la France, près de quinze années après la découverte tragique des corps de sa famille. Ce dossier criminel, l'un des plus mystérieux, soulève encore de nombreuses questions : l’homme est-il vivant ? S’est-il suicidé ? Est-il en cavale ?
Tout commence en avril 2011, lorsqu'une enquête pour disparition alarmante est ouverte par le parquet de Nantes. Un couple et ses enfants n’ont plus donné signe de vie. Le 21 avril, les enquêteurs découvrent l'horreur sous la terrasse de leur maison au 55 boulevard Robert Schuman : les corps d'Agnès, 48 ans, et de leurs quatre enfants sont retrouvés sous des draps, recouverts de chaux.
Les autopsies révèlent une exécution méthodique, comme l'a qualifiée à l'époque le procureur de Nantes, Xavier Ronsin. Chaque membre de la famille a été drogué et abattu d'au moins deux balles à bout portant avec une carabine de type 22 Long Rifle. Les enquêteurs s'accordent à dire que les meurtres se sont produits entre le 3 et le 5 avril 2011.
Des milliers de signalements mais un suspect toujours introuvable
Xavier Dupont de Ligonnès, connu sous le surnom “XDDL”, est aperçu pour la dernière fois le 15 avril 2011, quittant un hôtel à Roquebrune-sur-Argens avec un sac à dos. Depuis, le flou persiste. Est-il mort ou a-t-il simplement pris la fuite ? Cette affaire fascine et continue d’attirer l’attention, même au-delà des frontières françaises.
Plus de 2 000 signalements ont été effectués tant en France qu’à l’étranger, sans toutefois donner de résultats concrets. Des pistes qui semblaient prometteuses ont conduit à des impasses, comme la découverte d’ossements près de Fréjus ou l’observation d’un homme ressemblant à Dupont de Ligonnès dans un monastère en 2017. Une récente déclaration évoque une possible apparition en mars 2024 dans le Doubs, mais chaque fois, les pistes se révèlent finalement fausses.
La thèse du suicide privilégiée par les enquêteurs
La possibilité d’un suicide a été abordée dès le début de l’enquête par le parquet de Nantes. Toutefois, en l’absence de corps, il est difficile de la confirmer. Malgré des recherches intensives, aucune trace de Dupont de Ligonnès n’a été trouvée dans les cavités et caveaux autour de Roquebrune. Dans une interview accordée à l'AFP, Xavier Ronsin a affirmé que toutes les hypothèses avaient été explorées avec rigueur.
Concernant les motifs possibles du quintuple meurtre, une enquête détaillée a mis en lumière la pression financière subie par Dupont de Ligonnès, issu d'une famille catholique traditionaliste et héritière d'une vieille noblesse, mais rongée par des dettes.
Vers un non-lieu ?
Brigitte Lamy, l’ancienne procureure de Nantes, partage cette conviction en faveur du suicide. Elle a même mentionné en mars 2013 : "On ne pourra en être certains qu’une fois le corps retrouvé..." Pour elle, les perspectives de cette enquête pourraient conduire à un non-lieu, à condition que l'on ne découvre pas de preuves contre une autre personne.
Bien que Xavier Dupont de Ligonnès reste le principal suspect, il est toujours présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. Interpol a émis une notice bleue à son encontre. L’enquête, menée par la police judiciaire de Nantes, demeure active et toutes les pistes restent à l’étude.







