Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné, mardi dernier, Arielle Escuret, maire de la commune de Mons-la-Trivalle, à six mois de prison avec sursis pour travail dissimulé. Elle a été déclarée coupable d'avoir engagé Michel Dupas, un homme qui a assuré le rôle de gardien dans le camping municipal pendant deux mois et demi en 2017, sans déclare ni rémunérer ce dernier.
Michel Dupas, décédé en novembre 2018 à la suite d'un accident survenu dans le même camping, a été au cœur d'une plainte déposée par sa fille, Rachel. C’est cette démarche qui a déclenché une enquête sur cette affaire de travail non déclaré. Selon des informations rapportées par France 3, les activités de Dupas, bien qu'impliquant des tâches de gardiennage, n'ont pas été officialisées par des bulletins de salaire.
Une affaire jugée huit ans après les faits
Lors de l'enquête, il a été révélé que le prénom de Dupas figurait sur les plannings d'employés, bien qu'il ait principalement travaillé la nuit, résidant dans un mobil-home sur place. Arielle Escuret a reconnu que Dupas accomplissait uniquement des "menus services", comme ouvrir la barrière pour les nouveaux arrivants, alors qu'un employé municipal, rémunéré pour ces même tâches, logeait lui aussi sur le site.
Un abonnement téléphonique payé par la commune
Fait surprenant, Dupas était également responsable de la distribution des badges d'accès aux visiteurs. La commune payait même son abonnement téléphonique pour qu'il puisse contacter des élus si besoin. En outre, un remboursement de 1.900 euros a été voté par le conseil municipal pour couvrir le coût de son emplacement de mobil-home, au prétexte d'une précarité que l'on peine à croire, étant donné que Dupas percevait une retraite mensuelle de 2.000 euros et possédait plus de 50.000 euros sur son compte bancaire.
"J'aurais dû être plus dans le contrôle" suggère la maire
A travers l’audience, l'élue a affirmé n'avoir eu aucune connaissance de ces agissements, disant : "J'ai découvert ces détails chez les gendarmes". Elle a blâmé deux de ses adjoints qui avaient des liens avec Dupas. Répondant au président du tribunal, qui lui demanda si elle n'était pas au courant, ce dernier pointait une incohérence. Le procureur, de son côté, a soutenu qu'Arielle Escuret était parfaitement au courant de la situation.
Un village de moins de 700 habitants
L'avocat de Rachel Dupas a été très critique, qualifiant de "foutage de gueule" l'affirmation de l'édile sur son manque de connaissance. Selon lui, une mairie comptant seulement 600 habitants, dont une grande partie de retraités, ne pouvait ignorer un tel dysfonctionnement au niveau de la gestion du camping, élément vital de leur économie locale.
La maire ne savait pas et elle n'est jamais intervenue selon son avocat
Me Philippe Desruelles, avocat de la maire, a souligné qu'il n'existait aucun lien direct entre sa cliente et Michel Dupas, affirmant qu'elle n’a "jamais intervenu" dans ces affaires. Il a plaidé pour la relaxe de sa cliente, pourtant, avec des élections municipales à l’horizon, le tribunal a décidé de statuer rapidement sur l'affaire sans attendre le scrutin.







