Ce mercredi 20 mai, les États-Unis ont décidé d'inculper Raul Castro, ancien président de Cuba, pour son implication présumée dans un complot visant à assassiner des citoyens américains en 1996. Un événement qui pourrait renforcer la pression sur le régime cubain. Le chef d'État cubain, Miguel Diaz-Canel, n'a pas tardé à dénoncer cette mesure, la qualifiant de "manoeuvre politique" visant à justifier une éventuelle agression militaire contre Cuba, comme rapporté par France 24.
Raul Castro, qui est le frère du défunt Fidel, est impliqué dans une affaire sombre de ce qui est devenu connu sous le nom d'abattage d'avions civils. En 1996, deux avions appartenant à un groupe anti-castriste, "Brothers to the Rescue", ont été abattus, tuant quatre personnes. À l’époque, Raul Castro occupait le poste de ministre de la Défense.
Un jour charnière pour la politique américaine
Le président Donald Trump a qualifié cette inculpation de "très grand jour", alors que le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, a prédit que Castro finirait sa vie derrière les barreaux aux États-Unis. "Cette inculpation n'est pas une simple mise en scène", a-t-il déclaré, insistant sur le fait qu'un mandat d'arrêt formel a été émis contre lui.
Les États-Unis, après des décennies de relations tendues avec Cuba, intensifient leur posture face à l'île, cherchant à renforcer leur influence. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a même souligné dans un message vidéo l'importance d'une "nouvelle voie" pour le peuple cubain, là où la démocratie et les droits de l'homme pourraient être restaurés. Cela pourrait s'apparenter à un appel à l'insurrection contre le gouvernement cubain, comme l’a mentionné Le Figaro.
Contexte tendu entre Washington et La Havane
La tension actuelle est exacerbée par une crise économique croissante à Cuba, accentuée par un embargo pétrolier imposé par les États-Unis et des coupures d'électricité incessantes sur l'île. Les déclarations de Diaz-Canel sur Twitter indiquent qu'il voit la date de l'annonce comme symbolique : elle coïncide avec le jour où la République de Cuba a été proclamée en 1902.
Les experts affirment que le moment choisi pour cette inculpation semble correspondre à une stratégie visant non seulement à isoler le régime cubain, mais aussi à galvaniser la diaspora cubaine vivant aux États-Unis, qui appelle au changement. "Ce mouvement politique pourrait être le catalyseur d'un changement que de nombreux Cubains espèrent depuis des décennies", déclare Francys Fabelo, un exilé cubain à Miami, rapporte AFP.
Dans une conclusion acerbe, le président cubain a souligné que les actions des États-Unis ne font que renforcer un sentiment d'ingérence qui s'étend sur plus de 60 ans, laissant présager une intensification des tensions dans les mois à venir.
"Il s'agit d'une ingérence, et nous ne resterons pas les bras croisés", a-t-il déclaré.
Alors que les États-Unis semblent intensifier leur pression sur La Havane, les perspectives d'assouplissement des relations entre les deux pays semblent à nouveau s'éloigner.







