Dans un contexte régional complexe, le Dr Faoud Abou Nader, fondateur de l'ONG Nawraj et figure influente des milieux politiques chrétiens libanais, alerte sur la nécessité pour la France de maintenir son soutien au Liban. En tant que président du Conseil chrétien de coordination des Églises locales, il considère que l'absence de l'Hexagone pourrait plonger davantage le pays dans la tourmente.
Valeurs actuelles rapporte que Donald Trump envisage de réunir le président libanais, Joseph Aoun, et le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Faoud Abou Nader réagit : « Bien que j'approuve la diplomatie d'Aoun, serrer la main de Nétanyahou en l'absence d'accords préalables serait périlleux pour notre nation. La paix doit précéder toute rencontre. »
L’expert insiste sur l'importance d'une solution durable pour le Sud Liban, notamment pour permettre aux Forces armées libanaises (FAL) de reprendre le contrôle d'un territoire particulièrement sensible où se déroulent des confrontations avec le Hezbollah. Le retrait prochain de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) pourrait accentuer cette problématique.
Néanmoins, l'espoir d'une paix se heurte à de nombreux obstacles. « Si les négociations échouent, les tensions pourraient éclater à nouveau, avec des conséquences désastreuses sur tout le pays », prévient-il. Il constate également que la présence des réfugiés chiites intensifie la situation déjà instable au pays.
Concernant le besoin d'un accord triangulaire incluant Nabih Berri, président du Parlement, il souligne que ce dernier doit surmonter ses hésitations pour relever les défis actuels. Cependant, la possibilité de voir Berri sortir de sa position ambiguë semble mince aux yeux de certains observateurs.
Par ailleurs, il note que, malgré la perception d'un déclin de l'influence française, Emmanuel Macron est demeuré présent lors des événements critiques, comme l'explosion du port de Beyrouth en août 2020, et tente d'encourager un consensus politique au Liban. La présence continue de la France est donc jugée essentielle par Abou Nader, qui appelle à la création de corridors humanitaires pour préserver la communauté chrétienne.
Au sujet des menaces potentielles de la Syrie, Abou Nader se montre prudent. Bien qu'il reconnaisse qu'un retour à la guerre civile reste une possibilité, il souligne que cela dépendra des actions de l'État libanais et des négociations avec Israël pour instaurer un climat de paix durable.
Citation d’un analyste : « Il serait tragique que le Liban soit à nouveau touché par des conflits internes ; la communauté internationale doit agir pour soutenir sa résilience. »
Le Dr Faoud Abou Nader appelle donc à une mobilisation collective, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Liban, pour construire un avenir axé sur la stabilité et la paix.







