Le porte-avions Charles de Gaulle a accosté ce samedi 11 juillet à Toulon, marquant la fin d'une mission de près de six mois.
À Toulon, les membres de l'équipage sont accueillis par une haie d'honneur tandis que les derniers Rafales décollent du Charles de Gaulle. Ce 11 juillet 2026, après la mission « La Fayette 26 » qui l'a mené des côtes de l'Atlantique Nord jusqu'au détroit d'Ormuz, le porte-avions retrouve son port d'attache.
Le départ a eu lieu le 27 janvier, et durant son déploiement, le Charles de Gaulle a été un acteur clé de l'exercice militaire Orion, impliquant plus de 12 500 soldats, avant de s'aventurer en mer Baltique pour des sessions d'entraînement liées à la sécurité arctique.
Une mission prolongée par les tensions géopolitiques
Initialement prévu pour revenir fin mai, la mission a été prolongée en raison de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, déclenchée en mars 2026, ce qui a nécessité un repositionnement rapide vers la Méditerranée orientale. Chypre a notamment été ciblée par des drones iraniens.
La nécessité de sécuriser le détroit d'Ormuz a contraint le groupe aéronaval à se déplacer vers le Golfe d'Oman. En mai, il a franchi le canal de Suez pour soutenir des initiatives diplomatiques sans s'engager dans les opérations américaines.
« La diplomatie navale prend tout son sens ici, car notre présence modifie les équations locales », a commenté le contre-amiral de Possesse, soulignant l'importance stratégique de cette mission.
Des conditions éprouvantes pour l'équipage
« On sait quand on part, mais jamais quand on rentre », a déclaré le capitaine de vaisseau Thomas Puga, évoquant les défis émotionnels et physiques de la mission. Le second maître Oriana a partagé ses expériences, notant que « le froid se gère », alors que la chaleur a été particulièrement éprouvante.
Durant ces six mois, 3 400 atterrissages ont été réalisés, tandis que l'équipage veillait à la sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz.
Une ambiance de joie à bord
Le 3 juillet, Emmanuel Macron a annoncé un retour imminent, un moment de réjouissance pour l'équipage. Oriana a exprimé son soulagement : « Je suis heureuse de rentrer. Les trois dernières semaines ont été vraiment dures. »
Pour le contre-amiral Thibault de Possesse, ce déploiement a été « exceptionnel » en raison de sa longueur et de sa complexité.
Une odyssée impressionnante
Ce fut la seconde mission la plus longue du Charles de Gaulle depuis sa mise en service. « Nous avons traversé six mers et deux océans, affrontant des conditions variées », a déclaré le contre-amiral. L'équipage a parcouru 6 000 kilomètres en six jours, tout en maintenant des opérations continues.
« Nous étions surtout préparés pour des missions d'entraînement, jamais pour entrer dans un conflit, même si la France reste dans une position neutre », a reconnu Matthieu, un pilote de Rafale.
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