Une enquête coordonnée au niveau européen a permis de mettre un terme à un réseau de passeurs reliant la Turquie à l'Allemagne, selon des déclarations faites le 10 mars par la police autrichienne. Entre l'automne 2023 et mai 2025, ce réseau aurait transporté clandestinement plus de 100 000 personnes à travers l'Europe du Sud-Est et l'Autriche.
Ce trafic illégal aurait engendré des revenus dépassant le milliard d'euros. Les autorités ont mis au jour cinq sous-organisations autonomes, chacune gérant différents segments du parcours, avec jusqu'à 80 passeurs par sous-organisation. Des arrestations massives, totalisant plus de 130 personnes, ont eu lieu, principalement en Autriche, mais également en Croatie, Roumanie et Allemagne, rapportait l'Agence France-Presse (AFP).
Un clan syrien au cœur de l'affaire
Parmi les suspects interpellés se trouvent six figures principales, âgées de 25 à 50 ans, originaires d'Afghanistan, de Syrie et de Russie, tous résidant à Vienne ou Budapest. Les autres personnes arrêtées — hommes et femmes provenant de Moldavie, de Roumanie, de Géorgie et d'Ukraine — avaient souvent été recrutées via les réseaux sociaux, a précisé la source policière.
L’enquête, jugée vaste, a démarré lorsqu’un véhicule transportant huit Syriens clandestins a été intercepté dans la province autrichienne de Styrie, proche de la frontière slovène. D'après les autorités, ce réseau, lié à un clan syrien, aurait impliqué des centaines de membres opérant le long de la route des Balkans du Sud-Est. Plus de 1 000 véhicules utilisés pour le transport illégal de migrants ont été identifiés, soulignant l'ampleur de ce phénomène.







