Édito

À un an de l'élection, amour et communication font bon ménage pour les candidats
Édito
Gabriel Attal a choisi TF1 et Sept à huit, dimanche 19 avril, pour raconter son "coup de foudre" pour son compagnon. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

S’aimer en public : la nouvelle recette des candidats à l’Élysée

À un an des élections, les prétendants à la présidence de la République orchestrent des mises en scène de leur vie personnelle pour capter l'attention médiatique. Ce phénomène, que la nouvelle garde politique semble adopter sans réserve, prend de l'ampleur. Après Jordan Bardella et sa princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, c’est au tour de Gabriel Attal de rentrer dans la danse.

Alors que le printemps pointe le bout de son nez, les candidats commencent à se dévoiler. La tendance est claire : ceux qui veulent sérieusement concourir pour l’Élysée exposent leurs histoires d’amour et leurs relations personnelles au grand public. La semaine dernière, Jordan Bardella a flamboyé son histoire avec Maria-Carolina, héritière d'une lignée royale et influenceuse de 22 ans dans le milieu du luxe.

Cette semaine, c’est Gabriel Attal qui, sur le plateau de TF1, aborde son parcours amoureux avec Stéphane Séjourné, mettant en avant leur séparation puis leur réconciliation. Bardella avait joué la carte de Paris Match et des actualités télévisées pour parler de sa vie amoureuse, tandis qu'Attal a choisi de se livrer sur le plateau de l'émission Sept à Huit. Loin d'être un simple détail, ces récits personnels participent à forger leur image publique.

Une stratégie ancienne toujours efficace

L’accoutumance à l’exposition de la vie privée en politique n'est pas inédite. Des figures comme Giscard d'Estaing ont ouvert la voie, tandis que Nicolas Sarkozy a incontournable avec des récits de couples tumultueux. En effet, le duo Sarkozy-Cécilia, suivi de l'arrivée de Carla Bruni, avait fait la une des journaux. Emmanuel Macron n’a pas échappé non plus à ce phénomène, avec de nombreuses couvertures de Paris Match aux côtés de Brigitte.

Ce qui est frappant, c’est que Jordan Bardella, 30 ans, et Gabriel Attal, 37 ans — chacun avec des parcours et des idéologies bien distincts — utilisent finalement des techniques de communication similaires. Ils représentent la jeune génération politique qui, influencée par les réseaux sociaux, réactualise ces vieilles recettes publiques. Dans la politique d'aujourd'hui, pour s'affirmer, il faut se montrer, presque se dévoiler. Comme l'a souligné un observateur, le mot "libre" est devenu un code : Édouard Philippe se disait "loyal et libre" de son lien avec Macron, tandis que Bardella affiche sa "liberté" avec sa princesse et Attal évoque son amour dans un livre intitulé En homme libre.

Ces stratégies soulèvent une question cruciale : lorsque l'actualité s'éloigne de l’analyse des politiques sociétales et des débats profonds, ne reste que le spectacle. À l’ère où l’image prime, la communication devient un enjeu fondamental. Comme dirait Édouard Herriot, "la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié…" Dans un contexte politique, cela se traduit par : reste la com’.

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