Jean-Michel Aulas, doyen du conseil municipal lyonnais, a procédé, le 27 mars, à la remise de l'écharpe de maire à Grégory Doucet, son ancien rival aux élections municipales. Bien que Doucet ait remporté le vote avec une faible avance, Aulas n'a pas manqué de signaler lors de son discours que « près d’un Lyonnais sur deux n’a pas voté pour vous ».
La tension était palpable lors de cette passation de pouvoir. Aulas a déclaré : « Vous n’avez plus toutes les clés de la ville », soulignant ainsi le vote serré de 50,67 % contre 49,33 %. Un résultat qui, selon lui, constitue un « véritable rappel à l’ordre » des attentes des Lyonnais.
Grégory Doucet, à la tête d'une coalition de gauche en alliance avec LFI, a répondu fermement en se déclarant prêt à collaborer avec la métropole, tout en affirmant que cela ne signifie pas s'effacer. « Je défendrai les intérêts de la ville », a-t-il promis, faisant preuve de détermination dans la gestion des questions sensibles comme la sécurité.
“Vous aurez besoin de nous”
Aulas, dont le groupe, Cœur Lyonnais, compte 27 conseillers municipaux sur 73, a insisté sur l'importance de sa coopération tout en n'émettant pas de concessions sur des questions essentielles. Il a également évoqué la configuration unique de la ville, avec à sa tête une présidente LR de la métropole, Véronique Sarselli.
« Travaillons ensemble dans l'intérêt des Lyonnais », a répondu Doucet. Dans ces nouveaux rapports de force, il a sans hésitation affirmé qu'il n'y aurait pas de renoncements sur sa vision pour la ville.
La cérémonie se déroula dans un esprit de cordialité, malgré les rivalités sous-jacentes. Aulas, arborant son rôle protocolaire, a tenu à rappeler son engagement envers la politique lyonnaise : « Je vais faire de la politique à 100 % désormais », a-t-il déclaré, montrant qu'il reste très impliqué dans les affaires de la ville.
Alors que les résultats des élections sont encore frais, des rumeurs circulent concernant un éventuel recours de Jean-Michel Aulas face à ce qu'il appelle des « irrégularités » durant le scrutin. Toutefois, aucune preuve tangible n’a été fournie jusqu’à présent, selon des sources judiciaires.







