Le maire de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), Sébastien Olharan, a pris une décision surprenante : lui et son conseil municipal se sont inscrits à l'école maternelle pour protester contre la fermeture d'une classe. Cette initiative unique survient alors que la région a été touchée par les ravages de la tempête Alex, qui a causé des pertes humaines et des dommages matériels conséquents dans les vallées environnantes. L'édile souhaite ainsi alerter sur les conséquences de cette décision sur l'éducation locale, comme l'indique un reportage de BFMTV.
"Lundi à 8h00, avec les 18 autres membres du conseil municipal, nous viendrons tous à l’école du village avec notre sac à dos et notre doudou. Nous allons entrer dans l'une des trois classes de maternelle", a déclaré l’élu divers droite, le 24 avril dernier.
Cette action vise à souligner les répercussions de la décision qui pourrait conduire à regrouper 50 enfants dans seulement deux classes. Le maire souhaite montrer la réalité de l'enseignement dans des conditions détériorées et les difficultés rencontrées par les familles.
Malgré de nombreuses démarches auprès des autorités, la décision de l’inspection académique de supprimer l'une des huit classes de l'école a été maintenue. La commune de Breil-sur-Roya, qui compte environ 2 400 habitants, a particulièrement souffert des conséquences de la tempête Alex, qui a emporté des infrastructures vitales.
Une promesse brisée ?
Selon Sébastien Olharan, l’académie lui avait assuré qu'aucune classe ne serait fermée en échange de la "primarisation" de l’établissement, regroupant sections de maternelle et classes élémentaires. "Pour moi, la parole de l’État a une valeur. Si nos effectifs avaient réellement baissé, cela pourrait se comprendre, mais nous prévoyons 161 enfants pour la prochaine rentrée", souligne-t-il. Cependant, l'inspecteur d'académie, Laurent Le Mercier, annonce une prévision plus basse de 145 enfants, justifiant ainsi la fermeture.
"J'ai choisi de ne pas fermer une classe l'an dernier pour soutenir cette primarisation, mais je n'ai fait aucune promesse pour les années à venir", a-t-il défendu.
Olharan conteste également l'argument selon lequel le poste d'enseignant supprimé serait transformé en un enseignant dédié aux élèves allophones, signalant que cette ressource ne serait pas d'une grande aide pour les enfants en maternelle.
Alors que la lutte pour maintenir cette classe continue, la question des effectifs et de l'organisation de l'enseignement dans les zones rurales demeure un sujet brûlant, reflétant les difficultés rencontrées par les petites communes.







