Quatre ans après l'agression mortelle d'Yvan Colonna à la prison d'Arles, la justice a ordonné un procès contre Franck Elong Abé. Ce détenu radicalisé sera jugé pour assassinat en lien avec des activités terroristes.
Le procès pour l'agression meurtrière d'Yvan Colonna, survenue en mars 2022 à la prison d'Arles, sera bientôt ouvert. Deux juges d'instruction ont décidé de renvoyer Franck Elong Abé devant une cour d'assises spéciale pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste, comme le rapporte BFMTV. Yvan Colonna, qui purgeait une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Érignac en 1998, a été victime d'une agression violente le 2 mars 2022, avant de décéder des suites de ses blessures le 21 mars à l'hôpital de Marseille.
Dans leur ordonnance de mise en accusation rendue le 23 avril, les juges ont estimé que le décès d'Yvan Colonna résultait directement des coups reçus de Franck Elong Abé, portés dans des conditions d'une extrême violence. L'agression a en effet inclus des moments d'étouffement prolongé. Cette qualification d'assassinat lié à une entreprise terroriste est en accord avec la thèse avancée par le Parquet national antiterroriste, qui, en mars, avait déjà requis un renvoi devant les assises sur la base de cette qualification.
Les parties civiles dénoncent la thèse d'un acte solitaire
Bien que Franck Elong Abé soit jugé pour assassinat terroriste, il n'a pas été renvoyé pour association de malfaiteurs terroriste. Cette décision suscite une vive contestation de la part des avocats de la famille Colonna, qui dénoncent la théorie d'un acte isolé. Selon eux, plusieurs éléments troublants n'ont pas été pris en compte, notamment les propos de l'accusé mettant en cause les services de l'État, sa liberté de mouvement au sein de la prison, ainsi que la défaillance de la vidéosurveillance le jour de l'agression.
Cette position rejoint partiellement les déclarations de Franck Elong Abé. Dans un courrier daté du 14 février 2024, il a fait état de ses accusations envers les services de l'État et la DGSI, qu'il accuse de l'avoir manipulé pour commettre le meurtre d'Yvan Colonna. Ces services ont nié toute implication. Actuellement, la justice n'a pas reconnu d'entente ou de complicité plus large, mais elle a confirmé la tenue d'un procès avec les qualifications les plus graves retenues dans ce dossier.







