Emma Vinzent brise le silence sur les dérives des journaux télévisés

L'ex-journaliste dénonce les manipulations médiatiques au cœur des JT.
Emma Vinzent brise le silence sur les dérives des journaux télévisés
Ce sont surtout les commandes éditorialement très orientées qui agacent la journaliste : pour une manifestation, on lui demande de couper toute image de violences policières et « d’être complaisante avec les forces de maintien de l’ordre ». © Benoit

Sur ses réseaux sociaux, Emma Vinzent, ancienne journaliste vidéo pour TF1, lève le voile sur les réalités peu reluisantes du monde du journalisme télévisé. Sa dernière intervention met en avant une situation cocasse où, en duplex, elle commente un embouteillage alors que le trafic derrière elle est fluide. « C’est moi, mais j’assume pas », s'exclame-t-elle, mêlant humour et autodérision sur Instagram, où elle compte près de 80 000 abonnés. Plus qu'un simple récit, son compte est devenu une plateforme de réflexion sur les méandres de l'information télévisée.

Diplômée de l'École de journalisme de Lille en 2019, Emma a gagné une bourse tremplin qui l'a propulsée en tant que correspondante régionale pour TF1. Pendant cinq ans, elle parcourt des villes comme Lyon, Clermont-Ferrand et Marseille. Son passage en Inde, où elle produit un documentaire sur le greenwashing pour Al-Jazeera, reste un des moments marquants de sa carrière.

Cependant, son expérience avec les journaux télévisés a entraîné un malaise grandissant. « J’ai très vite ressenti le besoin de rendre transparents les rouages du système », confie-t-elle. Emma évoque une « ingérence accrue » des propriétaires de médias dans les rédactions, qui façonnent l'information pour servir un agenda néolibéral. « Le pluralisme à l’antenne est en déclin », ajoute-t-elle, pointant du doigt un manque cruel de diversité dans le traitement de l'information.

Des pressions éditoriales omniprésentes

Bien que correspondante, Emma travaille pour une société de production sous-traitante à TF1, ce qui lui fait réaliser qu'elle n'est pas soumise aux mêmes règles que les employés directs du groupe. Les demandes de sa hiérarchie incluent des directives explicitement orientées : « Pour une manifestation, on m’a demandé d’éviter de montrer toute violence policière et de rester complaisante envers les forces de l'ordre ». Elle se souvient aussi d'une commande pendant les législatives de 2024, où il fallait équidister le RN et la LFI, lui demandant de le présenter comme un choix entre la peste et le choléra.

Les pressions sont d'autant plus lourdes que l'environnement médiatique est hautement concurrentiel. « Des rédacteurs en chef m’ont fait comprendre que si je n'étais pas satisfaite, ce n'était pas un problème, des milliers d'autres aspirants journalistes rêvaient de prendre ma place », raconte-t-elle, signalant ainsi la précarité qui règne dans le secteur.

La quête de liberté dans le journalisme indépendant

Aujourd'hui, au sein du journalisme indépendant, Emma semble avoir retrouvé une forme de liberté. Cependant, elle ne cache pas son privilège : « Je viens d'un milieu où mes parents ont pu financer mes études, cela m'a offert des options que d'autres journalistes n’ont pas ». Elle sait que ceux qui commencent sans ce soutien n’ont pas la possibilité de critiquer ouvertement le système.

Sur Instagram, elle aborde des thèmes tels que la vie de pigiste, les effets de l’Arcom et la dépendance de certains médias à des sources policières, tout en soulevant des cas d'actualité polémique. Son influence attire de nombreux messages de soutien de journalistes qui, souvent, n'osent s'exprimer de peur de subir des répercussions professionnelles.

Dans un échange avec l’Humanité, Emma souligne la responsabilité des écoles de journalisme : « On nous apprend à nous conformer aux attentes du marché au lieu de questionner notre propre pratique ». Avec des journalistes issus de grandes écoles persuadés de leur objectivité, il est crucial de débattre de l'orientation éditoriale pour garantir une information de qualité. Ce discours critique, sans aucun doute, mériterait d'être approfondi dans ses futures vidéos.

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