Au milieu des paysages enchanteurs du Vaucluse, un château remarquable, connu sous le nom de château de Javon, cache des histoires extraordinaires. En effet, cette bâtisse a non seulement été un refuge pour des œuvres d'art inestimables, mais aussi un bastion secret pour la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Situé entre Sault et Saint-Saturnin-lès-Apt, le château a servi de sanctuaire aux trésors du musée Calvet d'Avignon dès 1942. Des milliers de tableaux, sculptures et manuscrits ont été envoyés ici dans la plus grande discrétion, transformant le château en un coffre-fort souterrain. Les soldats allemands, même s'ils étaient aux abords, ne pouvaient pénétrer ce lieu protégé sans un ordre express.
Parmi les protecteurs de ces œuvres se trouvait Claude Bonin-Pissarro, petit-fils de l'illustre peintre Camille Pissarro. Ce lien avec l'histoire artistique renforce l'importance du château dans la mémoire culturelle du Vaucluse.
Un centre logistique pour le Maquis Ventoux
Mais le château ne se contentait pas de protéger l'art. Il est aussi devenu un centre logistique essentiel pour le Maquis Ventoux. Dans ses murs, des milliers de vêtements, équipements et fournitures nécessaires à la lutte contre l'occupant étaient stockés, parmi lesquels des blousons, pantalons et plus de mille paires de chaussures destinées aux résistants.
Le Vaucluse est une terre de héros de la Résistance. Des figures emblématiques comme Rose Courveille et Blanche Gaillard ont risqué leur vie pour défendre la liberté. Les parachutages alliés, cruciaux pour l'approvisionnement des résistants, ont également joué un rôle majeur dans cette région.
Le Vaucluse au cœur des parachutages alliés
Les historiens estiment que plus de 80 % des parachutages de matériel en Provence pendant la guerre ont eu lieu dans cette région. Au nord d’Apt, de grandes quantités d'armes étaient larguées entre janvier et juillet 1944, et les résistants attendaient, cachés dans les champs, les avions alliés.
Les combats autour du château de Javon se sont intensifiés à l'été 1944, avec des embuscades perpétrées contre les colonnes allemandes. Malgré les risques, les précieuses œuvres d'art stockées dans le château ont été préservées.
Le château demeure aujourd'hui dans les mains de la famille Vayson de Pradenne, qui continue de transmettre cet héritage. Catherine Chaumien, fille de résistant, partage régulièrement ces récits lors de conférences, comme celle prévue le 30 mai à la micro folie de Sault. Ce témoignage vivant permet de perpétuer la mémoire de ceux qui ont lutté pour la défense de la culture et de la liberté en France.







