En cette Journée mondiale de la bicyclette, célébrée le 3 juin, le projet des "zones pédagogiques" à Toulon fait l'objet d'un éclairage particulier. Depuis près d'un mois, de nouveaux pictogrammes sont peints sur le Boulevard de Strasbourg, notamment, afin de rappeler aux cyclistes qu’ils peuvent utiliser ces voies et aux automobilistes qu’ils doivent partager la route.
Sur les grands boulevards de la ville, tels que l’Avenue du Maréchal Foch et le Boulevard Leclerc, ces marquages visent à sensibiliser les usagers. "Les cyclistes ont le droit d’emprunter ces voies de circulation", indique un représentant de la municipalité. Au cœur de cette initiative se trouve l'idée d'initier un dialogue entre automobilistes et cyclistes à un moment où des infrastructures cyclables ne peuvent être facilement mises en place.
Les vélos, peints en blanc sur la chaussée, apparaissent comme une première étape vers une cohabitation pacifique. Cependant, la réalisation de vraies pistes cyclables rencontre des freins, notamment le dossier du Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) rendant complexes toute création rapide.
Le premier adjoint au maire, Julien Orlandini, déclare : "L’idée est de montrer que les vélos peuvent circuler ici et que les voitures doivent respecter leur place. Nous souhaitons diminuer les tensions entre automobilistes et cyclistes en attendant de meilleurs aménagements." Un projet de double sens sécurisé sur l’Avenue de la République est prévu pour l’été prochain, ce qui facilitera la circulation à travers la ville.
Dans la réalité, peu de cyclistes osent se lancer
En pratique, cependant, la situation est préoccupante. Lors d'une observation menée sur le boulevard de Strasbourg, non seulement la circulation automobile est dense, mais aucun cycliste n’a été aperçu pendant deux heures. Un des premiers à se montrer a pédalé à contresens sur le trottoir, affirmant : "Je préfère cela, je n’ai pas confiance dans la circulation ici, c'est trop dangereux !"
Jacky, un autre cycliste, avoue qu'il prend souvent la voie de bus : "Je me sens plus en sécurité là. Un pictogramme ne garantit pas la sécurité sur la route. Il faudrait que la police sanctionne aussi bien ceux qui roulent au mépris des règles que les automobilistes négligents."
"Ils ont le mérite d'exister"
Pour Alexis Rivet, fondateur des Vélos Coursiers Toulonnais, ces initiatives demeurent une avancée. Jour après jour, il pédale près de cent kilomètres pour ses livraisons. "Ces marquages montrent la place du vélo dans la ville", explique-t-il. Toutefois, il acknowledge que le Boulevard de Strasbourg impressionne les cyclistes moins expérimentés et conseille de "prendre sa place sur la chaussée avec assurance".
D'autres "zones pédagogiques" pourraient être intégrées à Toulon, notamment dans le quartier Pont-de-Suve, ajoutant encore une dimension à l'objectif d'améliorer la circulation des cyclistes.







